Economie

L'industrie pharmaceutique en France : emploi et localisation

16.11.21

L'évolution des effectifs salariés dans l'industrie pharmaceutique

La trajectoire des effectifs est quasiment stable en 2019
Avec 99 310 salariés, l’emploi dans l’industrie pharmaceutique poursuit en 2020 sa légère croissance, de l’ordre de 500 unités.
La dynamique d’emploi du secteur s’inscrit dans une tendance assez stable depuis 2014, après un fort recul constaté dans les années qui ont suivi la crise financière de 2008 (2008-2013).
L’industrie pharmaceutique suit en 2020 une trajectoire de l’emploi favorable (+0,5 %) démontrant sa résilience en période de crise sanitaire, quand le reste de l'industrie baisse de 1,2%.

 

L'emploi dans la branche professionnelle de l'industrie pharmaceutique

La branche professionnelle, qui rassemble tous les établissements appliquant la convention collective de l’industrie pharmaceutique, identifiée par le code 0176, déborde du champ strict du secteur.
Elle rassemble également des unités (filiales, établissements secondaires…) dont l’activité principale relève de la répartition pharmaceutique, la R&D spécialisée, les sièges sociaux des fabricants ou d’autres spécialités en lien avec l’activité des laboratoires.P
Les données fournies par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) sur les dernières années disponibles estiment les effectifs de la branche professionnelle à 125 900 salariés au 31 décembre 2017.

Panorama des entrées et sorties d'emploi

Une dynamique de recrutement qui se poursuit en 2020

Les entreprises du médicament ont embauché environ 11 400 personnes en 2020, dont 42 % environ en contrat à durée indéterminée (CDI), soit un niveau proche de celui observé en 2019 (environ 5100 entrées). Les entrées en CDD, environ 3 000 progressent légèrement par rapport à l’année dernière.

Une majorité de recrutements en production en 2020

Selon les repères sur l’emploi du Leem, 29,8 % des recrutements en 2020 ont été faits sur des métiers de production, puis viennent les fonctions administration (28,6 %), la famille promotion et commercialisation (18,6 %), et enfin la R&D (11,6 %).

Des emplois de plus en plus qualifiés et des compétences rares

La complexité croissante des disciplines scientifiques, le développement de nouveaux champs de recherche (biologie moléculaire, génomique, protéomique...), le renforcement des exigences de qualité et de la réglementation, les évolutions technologiques, la mondialisation de l’activité et l’intensification de la concurrence conduisent à une élévation globale du niveau de qualification des hommes et des femmes employés dans l’industrie du médicament et à l’apparition de besoins de nouvelles compétences.

Se développe, par exemple, un besoin croissant autour des métiers de la qualité, du réglementaire, de la pharmacovigilance, de l’information médicale, de la maintenance et de la donnée en santé.
Le niveau de qualification dans les entreprises du médicament est élevé : 58 % des salariés appartiennent à un niveau supérieur ou égal au groupe 6 de la classification de la convention collective, qui admet 11 groupes d’emplois.

Une hausse des sorties d’emploi

En 2020, 18 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont été annoncés en France, impactant 2 000 postes. En 2019, 1966 postes étaient impactés par 10 PSE. Le secteur du médicament connaîtra plus de 4 200 départs à la retraite d’ici à 2025 (4,3 % des effectifs), auxquels s’ajoutent près de 11 000 départs (11 %) liés au turnover naturel. Cela pose la question du renouvellement des effectifs à terme.
 

Un poids significatif des régions dans le tissu économique

Six bassins d'emploi représentent approximativement 80 % de l’emploi en France : 30,2 % des salariés de la branche sont localisés en Ile-de-France ; 16,8 % en Auvergne- Rhône-Alpes ; 10,3 % en Normandie ; 8,9 % en région Centre-Val de Loire ; 6,5 % dans le Grand Est et 6,5 % dans les Hauts-de- France.
 

Une nouvelle nomenclature permettant de représenter au mieux les métiers de l'industrie pharmaceutique

Jusqu’à l’édition 2019 du Bilan économique du Leem, les salariés de l’Industrie pharmaceutique étaient répartis selon quatre familles de métier.
Depuis l’édition 2020 du Bilan, une nouvelle nomenclature est utilisée pour décliner les emplois de la branche.
Cette dernière se décline en 6 six familles de métiers :
 

Une évolution de l'emploi différenciée selon les activités

En 2020, on constate une forte progression des effectifs de la branche information médicale et réglementaire (+2,9 %) et des fonctions support (+3,1 %), tandis qu’une baisse est observée pour ceux de la R&D (-3,7 %).
La baisse des effectifs de R&D est cependant à nuancer. Ceux-ci avaient fait l’objet d’une forte progression l’an dernier (+ 4,4 %).
Ces variations s’expliquent par le transfert progressif des activités de recherche vers les biotechnologies au détriment des médicaments chimiques

Atouts pour l'innovation et l'économie : des effectifs de R&D et de production importants

La proportion de personnes ayant une activité de R&D reste élevée dans les entreprises du médicament. Pour autant, l’emploi en recherche et développement est fragile, car les effectifs se concentrent sur un petit nombre d’entreprises, et la tendance au développement de partenariats externes de recherche et de transfert d’activités de R&D vers des pays plus attractifs – notamment en termes de maillage entre public et privé, et d’accès au marché – s’accentue.

La production de médicament créatrice d'emplois qualifiés

La France est historiquement un grand producteur de médicaments, secteur qui constitue une richesse dans l’économie nationale et régionale. En 2020, 35 171 personnes occupent un emploi en production, ce qui représente 35 % des effectifs. La production demeure la famille de métiers la plus importante.

Un secteur professionnel fortement féminisé

Avec un taux de féminisation des emplois de 56,3 % en 2020, l’industrie pharmaceutique fait partie des rares secteurs industriels dans lesquels la proportion de personnels féminins
est majoritaire.
Le taux de féminisation des emplois s’établit à un niveau élevé quelle que soit la taille de l’entreprise. Le ratio atteint néanmoins sa valeur maximale (63,8 %) dans les entreprises de moins de 200 salariés.
La proportion de femmes dépasse 62,0 % dans les groupes 6 à 8 de la classification des emplois de la branche et reste élevée dans les autres catégories d’emploi.

Le vieillissement de l'emploi industriel concerne aussi l'industrie pharmaceutique

L’âge moyen des salariés en 2020 est de 44,6 ans et continue à progresser même si ce rythme de vieillissement ralentit légèrement à raison d’1 an tous les 4 ans. En effet, l’âge moyen était de 41,4 ans dix ans auparavant. L’âge médian atteint 46 ans.

Une amélioration de l’emploi des seniors

Les salariés de plus de 50 ans représentent 35,4 % des effectifs (35,1 % en 2019, 33,5 % en 2018 ; 31,7 % en 2017 ; 30,5 % en 2016), répartis de la manière suivante :
— de 50 à 54 ans : 17,3 % de l’effectif branche
— 55 et plus : 18 % de l’effectif branche
On recense 965 recrutements de séniors de 50 ans et plus en 2020, au même niveau qu’en 2019, ce qui représente 12,5 % des recrutements en CDI et CDD réalisés par les entreprises du secteur.

Les entreprises du médicament s'engagent pour renforcer l'emploi des jeunes

Les entreprises du médicament se mobilisent pour permettre une amélioration progressive du taux de recrutement des jeunes.
L’alternance est un formidable levier pour l’accès à l’emploi et la promotion des jeunes. C’est aussi l’occasion pour nos entreprises de développer un tutorat spécifique en accentuant leur rôle d’accueil et de transmission des compétences, en donnant tout son sens à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
Les entreprises du médicament accordent donc une place importante aux jeunes : en 2020, les moins de 26 ans représentent 16,3 % des recrutements, et 21,2 % des salariés ont moins de 36 ans. Par ailleurs, le nombre d’alternants et de stagiaires est conséquent : près de 7 530 alternants ont été formés dans une entreprise du médicament en 2020, 1 700 l’ont été dans le cadre de stages. Autant de sésames à la professionnalisation et à l’embauche...

Une volonté de faciliter l’emploi des personnes en situation de handicap via une structure paritaire

En 2019, 250 entreprises sont mobilisées et engagées pour l’emploi des personnes en situation de handicap. Le taux d’emploi des travailleurs handicapés est en progression : 1,69 % en 2009, 3,46 % en 2015 et 3,68 % en 2018.
Il a doublé en presqu’une décennie.
Depuis 2010, 2 150 contrats de travail ont été signés, soit 215 contrats par an en moyenne.
 

Estimation des emplois indirects

Les effets indirects de la filière pharmaceutique sont calculés à partir des effets d’entraînement sur les autres secteurs d’activité.
Ceux-ci sont causés par les consommations intermédiaires nécessaires à la production de l’industrie pharmaceutique, qui représentent une production induite pour ces secteurs associés. Les emplois indirects correspondent donc à la main-d’œuvre mobilisée pour produire les consommations intermédiaires entrant dans les processus de production des médicaments.
Au total, les effets indirects de l’activité de la filière pharmaceutique s’élèvent à 8,3 mil- liards d’euros de valeur ajoutée, dont 21 % (1,8 Mds€) est imputable aux secteurs de l’industrie pharmaceutique, 11 % aux activités chimiques (900 M€) et près de 24 % (2 Mds€) dans les activités associées (commerciales, juridiques, immobilières, financières, informatiques).
On estime qu’un emploi dans l’industrie pharmaceutique génère deux emplois supplémentaires dans l’économie.
En incluant les emplois de la filière officinale, ce chiffre s’élève à trois emplois supplémentaires dans l’économie.
 

Des signaux d'alerte persistent, même si le gouvernement veut donner des raisons d'être optimiste pour l'avenir

La situation française risque de changer si les pouvoirs publics n’améliorent pas rapidement les conditions de l’attractivité, afin de favoriser l’emploi en France.

En effet, certaines tendances se dessinent :
—    un transfert d’activités de R&D vers des pays plus attractifs, notamment en termes de maillage entre public et privé, et d’accès au marché ;
—    une tendance forte à l’externalisation d’activités vers la prestation (CRO’s, façonniers) en France, mais aussi à l’étranger ;
—    un manque de lisibilité des contraintes réglementaires et juridiques, ce qui ralentit la France dans la compétition avec les autres pays.
 
Malgré ces signaux d’alerte, le gouvernement Macron a pris des décisions qui autorisent l’espoir d’une amélioration de la compétitivité de notre secteur :
—    la signature, le 10 juillet 2018, du 8e Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement. Son objectif est de renforcer l’attractivité et la compétitivité de la France à l’échelle mondiale pour les investissements en santé ;
—    le déploiement du Health Data Hub, qui favorisera l’utilisation et l’exploitation des données de santé, en particulier dans les domaines de la recherche, de l’appui au personnel de santé, du pilotage du système de santé, du suivi et de l’in- formation des patients. Il permettra le développement de nouvelles techniques, notamment celles liées aux méthodes d’intelligence artificielle ;
—    le déploiement des « ordonnances Macron » réformant le Code du travail, et qui visaient à moderniser le dialogue social dans les entreprises.

Les premiers effets commencent à se faire sentir : mise en place progressive du Comité social et économique (CSE) ; plus grande souplesse accordée aux entreprises, ce qui a permis la rénovation de la convention collective de la branche, etc.

 

L’essentiel

99 310

Effectif employé directement par les entreprises du médicament en France en 2020.

11 400

Nombre de recrutements des entreprises du médicaments en 2020.

16,3 %

Part des recrutements réservée aux moins de 26 ans en 2020.

56,3 %

Taux de féminisation des emplois en 2020.
L’industrie pharmaceutique fait partie des rares secteurs industriels dans lesquels la proportion de personnels féminins est majoritaire.