L'industrie pharmaceutique en France : emploi et localisation

02.10.20

L'évolution des effectifs salariés dans l'industrie pharmaceutique

La trajectoire des effectifs est quasiment stable en 2018
Avec 98528 salariés, l'emploi dans l'industrie pharmaceutique s'inscrit dans une tendance assez stable depuis 2014, après le fort recul des emplois connu dans les années après crise (2008-2013).
L'industrie pharmaceutique suit, en 2018, une trajectoire de l'emploi légèrement moins favorable (-0,2%) que l'ensemble de l'industrie, qui enregistre une hausse de l'emploi salarié de 0,3%, après plusieurs années de baisse.

L'emploi dans la branche professionnelle de l'industrie pharmaceutique

La branche professionnelle, qui rassemble tous les établissements appliquant la convention collective de l'industrie pharmaceutique, identifiée par le code 0176, déborde du champ strict du secteur.
Elle rassemble également des unités (filiales, établissements secondaires...) dont l'activité principale relève de la répartition pharmaceutique, la R&D spécialisée, les sièges sociaux des fabricants ou d'autres spécialités en lien avec l'activité des laboratoires.
Les données fournies par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) sur les dernières années disponibles estiment les effectifs de la branche professionnelle à 127 000 salariés au 31 décembre 2016.

 

Panorama des entrées et sorties d'emploi

Une dynamique de recrutement qui se poursuit en 2018

Les entreprises du médicament ont embauché environ 11500 personnes en 2018, dont 43% environ en contrat à durée indéterminée (CDI). Le taux d'entrée en CDI s'élève à 5,7%, soit une hausse d'un peu plus d'un point par rapport à 2017.

Une majorité de recrutements en production en 2018

Selon les repères sur l'emploi du Leem, 40,2% des recrutements en 2018 ont été faits sur des métiers de production, puis viennent les fonctions administration (22,2%), la famille commercialisation-diffusion (24,2%), et enfin la R&D (13,3%).

Des emplois de plus en plus qualifiés et des compétences rares

La complexité croissante des disciplines scientifiques, le développement de nouveaux champs de recherche (biologie moléculaire, génomique, protéomique...), le renforcement des exigences de qualité et de la réglementation, les évolutions technologiques, la mondialisation de l'activité et l'intensification de la concurrence conduisent à une élévation globale du niveau de qualification des hommes et des femmes de l'industrie du médicament et à l'apparition de besoins de nouvelles compétences.
Se développe, par exemple, un besoin croissant autour des métiers de la qualité, du réglementaire, de la pharmacovigilance, de l'information médicale, de la maintenance et de la donnée en santé.
Le niveau de qualification dans les entreprises du médicament est élevé : plus de 50% des salariés appartiennent à un niveau supérieur ou égal au groupe 6 de la classification de la convention collective, qui admet 11 groupes d'emplois.

Une hausse des sorties d’emploi

En 2019, 10 plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) ont été annoncés en France, impactant 1966 postes.
En 2018, 1875 postes étaient impactés par 16 PSE.
Le secteur du médicament connaîtra plus de 4400 départs à la retraite d'ici à 2023 (5% des effectifs), auxquels s'ajoutent près de 11000 départs (11%) liés au turnover naturel. Cela pose la question du renouvellement des effectifs à terme.
 

Un poids significatif des régions dans le tissu économique

Six bassins d'emploi représentent approximativement 80 % de l'emploi en France : 30,6% des salariés de la branche sont localisés en Ile-de-France ; 16,6% en Auvergne- Rhône-Alpes ; 10,2% en Normandie ; 9% en région Centre-Val de Loire ; 6,6% dans le Grand Est et 6,1 % dans les Hauts-de-France.

 

Deux nouvelles familles de métiers par secteur

Afin de gagner en précision et de représenter au mieux l'ensemble des métiers de l'industrie pharmaceutique, un reclassement des emplois dans la nomenclature de la branche a été réalisé.
Cette dernière se décline donc en six familles de métiers.

Les familles QEHS (Qualité, Environnement, Hygiène et Sécurité), et Information médicale et réglementaire font ainsi leur apparition, contenant chacune entre quatre et neuf domaines de spécialisation pour un total de 125 métiers différents.
La famille de métiers de la production demeure la plus importante avec 36% des effectifs en 2018, même si sa contribution à l'emploi total recule du fait de la création de la famille QEHS.
 

Une évolution de l'emploi différenciée selon les activités

En 2018, on constate une progression des effectifs de la R&D (+ 2%), tandis que ceux de la production baissent de 0,6%, ceux de commercialisation de 0,4% et ceux des fonctions support de 0,5%.
 

Atouts pour l'innovation et l'économie : des effectifs de R&D et de production importants

La proportion de personnes ayant une activité en recherche et développement est fragile, car les effectifs se concentrent sur un petit nombre d'entreprises, et la tendance au développement de partenariats externes de recherche et de transfert d'activités de R&D vers des pays plus attractifs - notamment en termes de maillage entre public et privé, et d'accès au marché - s'accentue.

La production de médicament créatrice d'emplois qualifiés

La France est historiquement un grand producteur de médicaments, secteur qui constitue une richesse dans l'économie nationale et régionale. En 2018, 34 343 personnes occupent un emploi en production, ce qui représente 36% des effectifs.
La production reste la famille de métiers la plus importante.

Un secteur professionnel fortement féminisé

Avec un taux de féminisation des emplois de 57 % en 2018, l'industrie pharmaceutique fait partie des rares secteurs industriels dans lesquels la proportion de personnels féminins est majoritaire.
Le taux de féminisation des emplois s'établit à un niveau élevé dans toutes les tranches de tailles d'entreprises. Le ratio atteint néanmoins sa valeur maximale (61,9%) dans les entreprises de moins de 200 salariés.
La proportion de femmes dépasse 62,1 % dans les groupes 6 à 8 de la classification des emplois de la branche et reste élevée dans les autres catégories d'emploi.

 

 

Le vieillissement de l'emploi industriel concerne aussi l'industrie pharmaceutique

L'âge moyen des salariés en 2018 est de 44,2 ans et continue d'augmenter. En effet, l'indicateur était de 40,4 ans dix ans auparavant. L'âge médian atteint 45 ans.

Les entreprises du médicament s'engagent pour renforcer l'emploi des jeunes

Les entreprises du médicament se mobilisent pour permettre une amélioration progressive du taux de recrutement des jeunes. L'alternance est un formidable levier pour l'accès à l'emploi et la promotion des jeunes. C'est aussi l'occasion pour nos entreprises de développer un tutorat spécifique en accentuant leur rôle d'accueil et de transmission des compétences, en donnant tout son sens à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

Les entreprises du médicament accordent donc une place importante aux jeunes : en 2018, les moins de 26 ans représentent 17,7% des recrutements, et 39,8% des salariés ont moins de 36 ans.
Par ailleurs, le nombre d'alternants et de stagiaires est conséquent : 5770 stagiaires, apprentis et contrats de professionnalisation. Autant de sésames à la professionnalisation et à l'embauche...

Une amélioration de l'emploi des seniors

Les salariés de plus de 50 ans représentent 33,5% des effectifs (31,7% en 2017 ; 30,5% en 2016, 29,3% en 2015), répartis de la manière suivante :
—    de 50 à 54 ans : 17,2% de l'effectif branche
—    55 et plus : 16,2% de l'effectif branche.
On recense 747 recrutements de seniors de 50 ans et plus en 2018, ce qui représente 9,5% du total des embauches en CDI et CDD réalisées par les entreprises du secteur.

Une volonté de faciliter l'emploi des personnes en situation de handicap via une structure paritaire

Plus de 240 entreprises concernées, 240 correspondants handicap nommés et mobilisés dans le secteur.
Un taux d'emploi des travailleurs handicapés en progression : 1,69% en 2009, 2,13% en 2010, 2,35% en 2011, 2,65% en 2012, 2,91% en 2013, 3,12% en 2014, 3,46% en 2015, 3,67% en 2016, 3,67% en 2017, et 3,81 en 2018, soit un taux d'emploi multiplié par deux depuis 2009.

Des signaux d'alerte persistent, même si le gouvernement veut donner des raisons d'être optimiste pour l'avenir

La situation française risque de changer si les pouvoirs publics n'améliorent pas rapidement les conditions de l'attractivité, afin de favoriser l'emploi en France.
En effet, certaines tendances se dessinent : — un transfert d'activités de R&D vers des pays plus attractifs, notamment en termes de maillage entre public et privé, et d'accès au marché ;
—    une tendance forte à l'externalisation d'activités vers la prestation (CRO's, façonniers) en France, mais aussi à l'étranger ;
—    un manque de lisibilité des contraintes réglementaires et juridiques, ce qui ralentit la France dans la compétition avec les autres pays.

Malgré ces signaux d'alerte, le gouvernement Macron a pris des décisions qui autorisent l'espoir d'une amélioration de la compétitivité de notre secteur :
—    la signature, le 10 juillet 2018, du 8e Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement.
Son objectif est de renforcer l'attractivité et la compétitivité de la France à l'échelle mondiale pour les investissements en santé ;
—    Le déploiement du Health Data Hub, qui favorisera l'utilisation et l'exploitation des données de santé, en particulier dans les domaines de la recherche, de l'appui au personnel de santé, du pilotage du système de santé, du suivi et de l'information des patients. Il permettra le développement de nouvelles techniques, notamment celles liées aux méthodes d'intelligence artificielle;
— Le déploiement des «ordonnances Macron» réformant le Code du travail, et qui visaient à moderniser le dialogue social dans les entreprises.
Les premiers effets commencent à se faire sentir : mise en place progressive du Comité social et économique (CSE) ; plus grande souplesse accordée aux entreprises, ce qui a permis la rénovation de la convention collective de la branche, etc.

 

L’essentiel

98 528

Effectif employé directement par les entreprises du médicament en France en 2018.

11 500

Nombre de recrutements des entreprises du médicaments en 2018.

17,7 %

Part des recrutements réservée aux moins de 26 ans en 2018.

57 %

Taux de féminisation des emplois en 2018.
L’industrie pharmaceutique fait partie des rares secteurs industriels dans lesquels la proportion de personnels féminins est majoritaire.