La production pharmaceutique c'est quoi ?

05.02.18
La production pharmaceutique regroupe l’ensemble des opérations de transformation des matières premières en produits finis (médicaments). Elle répond à des normes de qualité nationales, européennes et internationales très strictes (les Bonnes Pratiques de Fabrication) garantissant le respect de l’hygiène, de l’environnement et de la sécurité dans le but d’assurer aux patients un standard de qualité très élevé.

La production en formule
 

Production en formule

 

La fabrication d'un médicament

Un médicament se compose d’un ou plusieurs principes actifs (substances possédant un effet thérapeutique), associés à des excipients. Le médicament peut être chimique ou biologique.


Les grandes étapes de la fabrication d’un médicament (forme sèche) :

  •     Médicament chimique :

 

Médicament chimique


Les grandes étapes de la fabrication d’un médicament biologique : l’exemple de production de protéines thérapeutiques et d'anticorps monoclonaux :
 

Médicament biologique

 

Les étapes de la bioproduction [1] :

La culture : les cellules sont d’abord multipliées dans de petits bioréacteurs contenant une solution nutritive, composée de nutriments essentiels comme, des acides aminés, des oligo-éléments, des vitamines, de l’oxygène…

La fermentation : les cellules sont ensuite transvasées plusieurs fois dans des fermenteurs de plus grande taille.

La filtration et la purification : une fois terminée la phase de production, il faut séparer la protéine souhaitée du reste des déchets cellulaires et de la solution nutritive. Cette phase est essentiellement constituée d’étapes de chromatographie, qui permettent d’atteindre une pureté de la biomolécule évaluée à 99 %.

La dernière purification est appelée « polishing » ou étape de polissage : elle est destinée à éliminer des impuretés à l’état de traces. On procède enfin à une filtration virale et une filtration stérilisante pour obtenir un produit dont la pureté avoisine les 100 %.

 

 

Une industrie stratégique par son empreinte territoriale

La production pharmaceutique en France possède des atouts fondés sur un tissu industriel dense de plus de 271 sites dotés d’une forte expertise technologique et logistique.
 

Site271 sites de production couvrant l’intégralité du territoire national,particulièrement fort dans les régions:

 

  •     Ile-de-France
  •     Centre-Val-de-Loire
  •     Auvergne-Rhône-Alpes
  •     Normandie
Cartographie

 

Une dynamique de croissance des effectifs en production

La famille des métiers de la production est la plus importante avec 44.136 emplois générés en 2016, contre 43.666 en 2015. Elle représente 45 % des effectifs totaux de la branche.


Répartition des effectifs en 2016 selon les familles de métiers :

Graphique

Répartis en différents domaines d’activités :

  •   19 059 emplois dans la fabrication - conditionnement ;
  •   3 402 dans la maintenance industrielle ;
  •   7 291 dans la Qualité ;
  •   8 276 dans le Support à la production ;
  •   6 108 dans d'autres domaines (adjoint encadrement conditionnement, automaticien, chargé de validation, etc…).

 

Répartis en différents domaines d’activités :

  • 19 059 emplois dans la fabrication - conditionnement ;
  • 3 402 dans la maintenance industrielle ;
  • 7 291 dans la Qualité ;
  • 8 276 dans le Support à la production ;
  • 6 108 dans d'autres domaines (adjoint encadrement conditionnement, automaticien, chargé de validation, etc…).

 

Répartition effectifs

 

Une industrie performante qui fait de la France un grand pays de production

L’industrie du médicament est un acteur économique et social stratégique pour la France avec un chiffre d’affaires (en prix fabricant hors taxes) de 54.5 milliards d'euros en 2016 (dont 25.7 Mds d’exportations) et une contribution à hauteur de 7,6 milliards d'euros à l'excédent commercial français.


La France figure au 4ème rang des pays producteurs de médicaments (en valeur) en Europe derrière la Suisse, l’Allemagne et l’Italie après avoir été leader de 1995 à 2008 :

Principaux pays producteurs en 2014 (en millions d’euros) Source EFPIA :

Graphique2

L’industrie pharmaceutique représente 5% de la valeur ajoutée du secteur de l’industrie manufacturière [2].

Les taux d’utilisation des capacités de production (TUC) qui est égal au ratio entre les capacités de production effectivement mobilisées et l’ensemble des capacités de production potentiellement disponibles, s’élève en moyenne à 80.2 sur l'année 2017 contre 79.9 pour l'ensemble de l'industrie manufacturière [3].
 

Graphique3

L'indice de production industrielle (IPI) qui permet de suivre l’évolution mensuelle de l’activité industrielle de la France est de 118.4 (sur une base 100 en 2010) pour l’industrie pharmaceutique, là aussi supérieur à l’IPI de l’industrie manufacturière qui s’élève à 104.2 pour l’année 2017  [4] :

 

Graphique4

 

L’ancrage territorial de nos entreprises fait de la France un grand pays de production de médicaments [5] :

  • 22% des médicaments remboursés sont produits en France ;    
  • 50% des médicaments non remboursés sont produits en France ;
  • 30% des génériques sont produits en France ;
  • 27% des vaccins sont produits en France ;
  • 17% des principaux médicaments à l'hôpital sont produits en France ;
  • 3% des anticorps monoclonaux sont produits en France.

 

Graphique5

 

La bioproduction en France

32 sites produisant des substances biologiques à visée de santé humaine ou animale en lot clinique ou commercial, pour compte propre ou pour tiers [6] ont été recensés et qualifiés.
Ces 32 sites génèrent :

Emploi8.5000 emplois

Sites de Bioproduction

 

Les vaccins et les protéines recombinantes représentent la plus grande activité de bioproduction en France. Cependant, la France manque de structure de bioproduction capable d’accompagner la production de certains segments depuis les phases de développement jusqu’à la commercialisation.

 

Tableau

 

La production pour tiers : une activité en développement

En raison du repositionnement des leaders de l’industrie pharmaceutique au cours des dernières années, de nouveaux modèles d’activités et d’emplois se sont développés dans la production pharmaceutique : les activités de sous-traitance et de production pour tiers.


Les activités de pure production pour tiers génèrent [7] :

Euro2Mds € de chiffre d’affaires
 

Emploi12 000 emplois

 

Répartis sur  [8] :

Site74 sites industriels



Appartenant à :   

Entreprises36 entreprises

 

50% des sites réalisent plus 40% de leur chiffre d’affaires à l’export


Les activités mixtes : production pour tiers et production en propre

Certains laboratoires qui historiquement produisaient uniquement pour leur propre compte ouvrent leurs capacités de production aux tiers. Ainsi, nous comptons en plus des sites de pure production pour tiers de médicaments :

Site5 sites industriels [9]

 


Appartenant à :  

Entreprises38 entreprises

 

Dont les capacités de production sont ouverte aux tiers.

 

Mais la France perd en attractivité

La production industrielle française est essentiellement consacrée à la fabrication de produits chimiques matures. Elle est aujourd'hui fragilisée par le manque d’attractivité de la France pour la production de nouveaux médicaments.

En 2017 l’agence européenne du médicament a autorisé 87 nouveaux médicaments, seuls 6 sont ou seront produits en France [10].

 

Nombre de sites

 

Le déclin de l’attractivité de la France peut s’illustrer en comparant la production française à la production italienne (en valeur) entre 2009 et 2014 [11] :

 

Graphique6

 

Cette tendance s’observe aussi sur les 5470 principales références de codes CIP de médicaments en ville qui représentent une dépense de 18,4 Mds€ en 2013 (source Gers, valorisation au PFHT7), les médicaments produits en France sont estimés à 22% de la dépense :

 

Graphique7

 

La performance industrielle de la France est l’illustration de la maturité du portefeuille des produits et des compétences galéniques majoritairement non stériles et formes sèches [12] :

Graphique8

 

 

Des investissements productifs en baisse

Les investissements sont essentiels pour adapter l’outil productif aux évolutions règlementaires, renforcer la compétitivité de nos sites de production, en étendre les capacités mais aussi pour développer et produire de nouvelles technologies.

Si nous constatons une certaine stabilité des investissements sur les sites de production chimiques entre 2010 et 2015 (-0.9%) autour de 410 millions d’euros par an, les sites de vaccins et de médicaments biologiques enregistrent une baisse importante de leurs investissements sur la même période [13].

 

Graphique9

 

Les sites de production de médicaments chimiques sont pour la plupart matures et parviennent avec un niveau d’investissement de 3 m€ par an à maintenir leur outil de production, et ce malgré la pression sur les prix.
Ils conservent leur savoir-faire historique et se mettent en conformité avec les normes de qualité toujours plus exigeantes.
L’investissement moyen par site de production de médicaments biologiques a baissé de 20% sur la période, passant de 6m€ par an entre 2010 et 2013 à 4.8 m€ par an entre 2014 et 2015.
Ce faible niveau d’investissement des sites biologiques peut s’expliquer par le nombre peu élevé de nouveaux médicaments biologiques produits en France.

 

 

 

[1] Schéma adapté de « Culture cellulaire » : 3 étapes clés pour produire des protéines thérapeutiques. « Industrie Pharma et Chimie Pharma Hebdo. » 1er avril 2011(http://www.industrie.com/pharma)
[2] Source Banque de France
[3]  Conjoncture Industrie, Services et Bâtiment, Banque de France
[4]  Insee Conjoncture, Indice de la Production Industrielle – Sur 11 mois
[5]  Roland Berger 2014, « Comment relancer la production pharmaceutique »
[6]  AEC Partner, février 2018, « Cartographie de la Bioproduction en France »
[7]  « Enjeux et perspectives des producteurs pour tiers de principes actifs et de médicaments », Alcimed, mars 2017
[8]  Etude Alcimed de mars 2017 actualisée par le LEEM
[9]  Etude Alcimed de mars 2017 actualisée par le LEEM
[10] Base de données EMA au X
[11] Source EFPIA
[12] « La production pharmaceutique en France », Roland Berger 2012
[13] « Observatoire 2016 des Investissements Productifs Leem, Polepharma », KPMG, 06/2017