Economie

60 milliards d'euros de chiffre d'affaires des médicaments en 2019

23.07.20

Le chiffre d’affaires sur le marché domestique : un marché en stagnation depuis 2013


En ville : une croissance brute  de 1,9 % en 2019

En 2019, le chiffre d’affaires des médicaments en ville s’est élevé à 21,2 milliards d’euros (en prix fabricant hors taxes), soit + 1,9 % par rapport à 2018.

- Le marché des médicaments remboursables a vu son chiffre d’affaires croître de 2,7 % entre 2018 et 2019, tandis que les volumes ont enregistré un recul de 1,1 %. L’augmentation du chiffre d’affaires s’explique, comme en 2018, par le passage de médicaments de l’hôpital vers la ville.
Ces seuls produits ont contribué à hauteur de1,9 point à la croissance du marché.

- Les médicaments non remboursables représentent, quant à eux, un marché de 1,8 milliard d’euros, en nette diminution de 6,3 %, tandis qu’en unités ce marché diminue de 3,1 % par rapport à 2018.


A l’hôpital : une croissance brute de 3,9 % en 2019
Après une année 2018 en décroissance en raison du transfert de certains produits de l’hôpital vers la ville, le marché hospitalier retrouve une croissance de 3,9 % en 2019, portée par l’arrivée d’innovations et notamment les médicaments de la liste en sus (+ 15,4 %).


Une évolution du chiffre d’affaires en France toujours contrainte

Les lois de financement annuelles de la Sécurité sociale (LFSS) organisent l’équilibre entre les dépenses et les recettes de l’Assurance maladie autour de quatre grandes enveloppes (médecine ambulatoire, hôpitaux soumis à la tarification à l’activité, autres établissements de soins et établissements médico-sociaux).

La mise en place, depuis 2004, de plans annuels de baisses de prix, a eu une incidence forte sur la croissance du chiffre d’affaires du médicament remboursable. Le taux de croissance annuel moyen a diminué de 7 points en quinze ans.
Il s’établissait à 7 % au début des années 2000. Il se situe à 1,3 % en 2019 après une année à 0,3 % en 2018.

Cette croissance du chiffre d’affaires brut est cependant contenue par des baisses de prix qui atteignent un montant record en 2019 : 885 millions d’euros !
De nombreuses classes thérapeutiques ont été mises à contribution : anti-TNF, antipsychotiques ou encore inhibiteurs de la pompe à protons.

La régulation économique du médicament se fait dans un cadre conventionnel Etat/industrie.
L'accord cadre Leem-CEPS définit les modalités de négociation des prix des médicaments remboursables entre le Comité économique des produits de santé (CEPS) et les laboratoires. Il prévoit également des dispositions contraignantes pour l’industrie.
Néanmoins, ces dernières années, la diversité des outils mis en place par les pouvoirs publics (CEPS, HAS, Uncam) ont multiplié les outils de régulation extraconventionnels.
Au-delà des baisses de prix, les référentiels de bon usage et les rémunérations sur objectifs de santé publique (ROSP), ou le début d’encadrement des prescriptions hospitalières, renforcent la maîtrise des volumes et, par conséquent, limitent la croissance du chiffre d’affaires.

Le durcissement des critères d’évaluation par la commission de la transparence de la HAS participe également de cet objectif.
Dans le cadre de la LFSS, un exercice est conduit afin de déterminer le montant de la dépense de médicaments consenti dans la construction du budget de l’assurance maladie. Jusqu’en 2018, le code de la sécurité sociale prévoyait la fixation d’un taux de croissance du chiffre d’affaires des médicaments.
Ce taux, négatif en 2015 et en 2016, a pu constituer un signal défavorable pour l’investissement de l’industrie en France, et a été dissocié en 2017 pour réguler séparément les médicaments délivrés en ville (taux Lv) et à l’hopital (taux Lh).
En 2018, l’équilibre de ces taux (0 % pour Lv et 3 % pour Lh) revenait à contraindre le marché pharmaceutique agrégé (ville et hôpital) à un taux de croissance de 0,9 %.
A compter de 2019, le montant de la dépense est désormais défini en une unique enveloppe, englobant la ville et l’hôpital (enveloppe M).
Pour 2019, cette enveloppe autorise une croissance de 1 %.

A l’échelle mondiale, le marché français se distingue par une faible croissance du chiffre d’affaires pharmaceutique.
D’après IQVIA, les prévisions ne sont guère plus optimistes : sur la période 2019-2023, alors que la croissance annuelle moyenne sera comprise entre 3 et 4% en Espagne, Italie, Allemagne ou Royaume-Uni, elle ne devrait atteindre que 0,5 % dans l’Hexagone.
Dans un contexte de compétition internationale accrue, ces perspectives reflètent la perte d’attractivité, depuis plusieurs années, de la France au profit de ses voisins européens.