Communiqués de presse
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Crise au Moyen-Orient, un impact sur les prix de production des médicaments

08.06.26

Leem CDMO

 

Depuis fin février 2026, l’escalade militaire au Moyen-Orient a provoqué une quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, corridor stratégique par lequel transitent environ 20 à 26 % du pétrole mondial et une part significative du gaz naturel liquéfié (GNL) voire des intrants chimiques de base nécessaire à la production des intermédiaires, solvants, résines, plastiques médicaux, etc.

 

Cette perturbation s’est traduite par une hausse rapide des prix de l’énergie (le Brent dépassant 90 USD avec des pics à 110 USD anticipés par l’AIE en cas de blocage prolongé) et une explosion des coûts logistiques (primes d’assurance maritime multipliées par 5 à 10, allongement des délais d’acheminement de 15 à 20 jours). Le choc s’est diffusé à l’ensemble des chaînes de valeur industrielles, y compris le secteur pharmaceutique puisque celui-ci est dépendant des dérivés du pétrole pour une partie non-négligeable de sa production – qu’il s’agisse de matières premières ou d’articles de conditionnement.

 

Toute hausse durable des prix du pétrole et du gaz se traduit mécaniquement par une augmentation des coûts de production industrielle +12 à 18 % pour les industries chimiques et +4 à 6% pour les productions pharmaceutiques, données corroborées par la CNUCED[1] qui souligne que les chocs énergétiques prolongés liés à la fermeture du détroit d’Ormuz auront des effets durables sur les coûts de production mondiaux et sur l’inflation sectorielle.

Dans ce contexte, la filière pharmaceutique apparaît particulièrement exposée puisque œuvrant dans un secteur régulé ou le prix des médicaments est administré (prix final peu ou pas sensible à court terme aux chocs exogènes). La crise du détroit d’Ormuz agit donc comme un révélateur de vulnérabilités structurelles du modèle de production pharmaceutique. Sans adaptation des outils de régulation et des stratégies industrielles, la soutenabilité économique et la sécurité d’approvisionnement du médicament pourraient être durablement compromises avec plusieurs menaces exacerbées :

 

  • Délocalisations accrues de la production, vers des zones moins coûteuses énergétiquement du fait de la pression continue sur les marges, en particulier pour les médicaments matures et génériques, qui ne fera que renforcer la menace que représente les pays émergents produisant à bas coûts
  • Menace sur la sécurité d’approvisionnement, notamment pour les médicaments mâtures à faible marge, qui soignent les patients français au quotidien. En résulteront inévitablement des ruptures, dans le meilleur des cas, et des arrêts de commercialisation, dans le pire des cas.
  • Fragilisation encore plus prononcée de la réindustrialisation et des souverainetés sanitaires française et européenne.

 

Face à cette situation, il apparaît nécessaire d’intégrer les chocs énergétiques et logistiques dans les mécanismes de régulation des prix, a minima de façon temporaire, en acceptant de compenser l’inflation en résultant, et d’accélérer les stratégies de résilience et d’articulation entre la politique industrielle et la politique de santé (critères Made In dans les achats publics) afin d’éviter que les contraintes géopolitiques ne fragilisent durablement notre système de santé, déjà en bien mauvaise posture.

 

Présentation Leem CDMO

 

Contacts presse :

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