L'économie du médicament

Production et entreprises

 

Une industrie technique, innovante et sûre
La mise sur le marché et la diffusion d’un médicament suivent un processus réglementé, de la recherche fondamentale à la commercialisation.
La production industrielle joue un rôle essentiel dans la vie du médicament ; elle mobilise des compétences très diverses, allant du développement galénique à la maintenance industrielle.
Elle répond à des normes de qualité nationales et internationales très strictes, et garantit le respect de l’environnement et de la sécurité.

 

L’industrie pharmaceutique opérant en France
Depuis 1994, la politique conventionnelle État-industrie pharmaceutique contribue à ce que la France soit parmi les premiers producteurs européens et l’un des principaux exportateurs mondiaux de médicaments.
Afin de renforcer la présence industrielle sur le territoire européen, le nouvel accord-cadre signé entre le Leem et le CEPS, le 11 janvier 2016, comporte un article (article 18) qui stipule que les investissements réalisés dans l’Union européenne (investissements de R&D et de production notamment) peuvent désormais être pris en compte dans la fixation et la révision des conditions de prix.
Cette mesure devrait renforcer considérablement l’attractivité de l’Union européenne en matière d’investissements dans une compétition désormais mondiale.
Au sein de l’Union européenne, la France est de plus en plus concurrencée par ses voisins dans le domaine de la production.
Un concurrent majeur spécialisé dans les médicaments de demain est apparu avant la crise, soutenu par son gouvernement : l’Irlande. La Belgique prend le relais en matière de façonnage.

Dans ce contexte, deux études réalisées par les cabinets Arthur D. Little et Roland Berger à la demande du Leem se sont intéressées à la production pharmaceutique en France, qui se trouve toujours parmi les grands producteurs mondiaux de médicaments. Arthur D. Little note toutefois que seulement 40 % des investissements productifs de 2013 ont été réalisés sur des sites de production de médicaments biologiques, alors que ceux-ci sont porteurs d’innovation et à forte valeur ajoutée.
À titre d’exemple, la France ne produit que 3 % des anticorps monoclonaux consommés localement. L’étude de Roland Berger abonde dans ce sens puisqu’elle a répertorié que, sur les 130 nouvelles molécules autorisées en Europe en 2012-2014, seulement 8 seront produites en France, contre 32 en Allemagne et 28 au Royaume-Uni.
S’ajoute à ce constat le fait que plus des deux tiers des sites implantés en France ne sont pas homologués pour exporter vers les États-Unis, ce qui a un impact non négligeable sur les exportations de médicaments destinés au premier marché mondial et sur les investissements qui pourraient en découler en retour.

Concernant la production de génériques, le manque d’attractivité de la France ne s’explique pas forcément par le différentiel de coût de la main-d’œuvre, le coût de revient d’une spécialité produite en France étant supérieur de seulement 5 à 7 centimes d’euros par rapport à une spécialité extraterritoriale, mais est plutôt le résultat de manque de lisibilité des contraintes réglementaires et juridiques.
Les accords de façonnage ont tout de même permis de maintenir la production de plusieurs blockbusters sur le territoire français. Toutefois, la pression sur les prix précarise ce modèle, alors même que la qualité pharmaceutique devient un enjeu majeur.

 

Des effets d’entraînement élevés sur l’ensemble de l’économie française
Dans la dernière décennie, l’industrie du médicament, en France, a intensifié ses relations avec les autres secteurs, avec un coefficient multiplicateur sur les secteurs industriels connexes de l’ordre de 1 pour 3.
Cet effet d’impulsion – déjà très fort en valeur absolue – se caractérise, ces dernières années, par une accélération trois fois plus rapide que dans les autres secteurs industriels : de 2000 à 2010, il s’est accru de 17,9 %, contre 6,1 % seulement pour l’ensemble de l’industrie manufacturière.
Les branches dont le niveau de production est le plus influencé par l’évolution de la production de médicaments sont principalement l’industrie chimique, les activités de services (R&D scientifique), les activités de services administratifs et de soutien, et enfin, les activités juridiques et comptables.
L’industrie pharmaceutique figure parmi les branches industrielles manufacturières qui ont le plus accru les effets d’entraînement de leur production sur les activités de R&D (56,5 % entre 2000 et 2010, contre 38,6 % pour l’ensemble de l’industrie manufacturière).

Une industrie encore assez peu concentrée
L’industrie du médicament est peu concentrée, tant en France qu’au niveau mondial, du fait de la grande variété des produits, des techniques et des marchés.
Les prédominances, en France, en 2015, des groupes Novartis et Sanofi, avec respectivement 7,5 % et 7,2 % de parts de marché n’infirment pas le constat.
Les parts de marché des entreprises suivantes n’atteignent pas 6 % : Roche, MSD ou Pfizer.

Nombre d'entreprises juridiquement distinctes par tranche de part de marché détenue en 2015 en France

L’industrie du médicament d’origine française est née de l’officine, alors que, dans les principaux pays européens, elle est issue de l’industrie chimique. La quête de la taille critique et l’adaptation de l’industrie aux coûts croissants de la recherche, aux normes techniques adoptées au plan international, ainsi qu’aux grandes mutations technologiques ont entraîné une restructuration du tissu pharmaceutique industriel français.

C’est pourquoi, en 2015, on dénombre 252 entreprises industrielles, contre près de 1 000 dans les années 1950 (ne sont pas inclus les fabricants- façonniers non détenteurs d’une autorisation de mise sur le marché).
En outre, on recense également, en France, près de 450 entreprises de biotechnologies santé.
 
 
 
Pour en savoir plus :

 
PUBLICATIONS :
 

- La contribution de l’industrie du médicament à la réindustrialisation du territoire. COE-Rexecode, septembre 2012.
- Observatoire des investissements productifs pharmaceutiques et biotechnologiques en France. Arthur D. LITTLE, octobre 2014.
- Comment relancer la production pharmaceutique en France ? Roland BERGER, octobre 2014.
- Accord-cadre du 31/12/2016 entre le Comité économique des produits de santé et le Leem