Peut-on acheter ses médicaments sans risque sur Internet ?

Le chiffre : En Europe, 1 personne sur 5 soit l’équivalent de 77 millions d’individus, reconnaît acheter des médicaments délivrés uniquement sur ordonnance en dehors des circuits autorisés.

Les produits de santé vendus sur Internet sont de qualité variable et totalement aléatoire. L’achat de médicaments en ligne est aujourd’hui une pratique dangereuse qui expose l’acheteur à de nombreux risques pour sa santé. Il est donc conseillé de n’acheter ses médicaments que dans une pharmacie d’officine.
 

État des lieux

De nombreux sites Internet proposent l’achat de médicaments, qu’il est très difficile de quantifier en raison de l’hébergement de ces sites en dehors du territoire national et de livraisons intervenant directement à domicile par le biais du fret express ou postal. La vente sans contrôles ni conseils médicaux ou pharmaceutiques de médicaments authentiques présente de réels dangers : risques de contre-indications, d’interactions médicamenteuses, etc. Entre 2001 et 2008, environ 40 cas de pharma-covigilance liés à la prise de médicaments achetés sur Internet ont été déclarés à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Sur 38 cas recensés, 11 concernaient des achats de produits amaigrissants, 3 des anabolisants stéroïdiens, 8 des produits stimulants ou défatigants, notamment à base d’hormones.
 

Pistes d’avenir

En France, les pharmaciens ont le monopole de la vente de médicaments. En dehors de l’officine, toute vente de médicaments est interdite : la vente de médicaments sur Internet est donc illicite et passible de sanctions notamment pour exercice illégal de la profession de pharmacien. Depuis 2009, les autorités françaises (ANSM, Oclaesp2, douanes, etc.) participent à l’opération internationale Pangea coordonnée notamment par Interpol, dont l’objectif est de lutter contre la vente en ligne illicite de médicaments. En 2011, cette opération a permis d’identifier 171 sites Internet illégaux dont 12 localisés en France. Mais la situation juridique française pourrait évoluer en raison de la transposition prochaine de la directive européenne sur les médicaments falsifiés, qui tend à harmoniser en Europe l’offre légale de médicaments de prescription médicale facultative (PMF) sur Internet.
 

Les entreprises du médicament veulent un contrôle strict de la cyberpharmacie

 
- Elles souhaitent que l’activité de vente de médicaments soit incluse dans le monopole pharmaceutique et rattachée à une entité régulièrement autorisée sous la responsabilité d’un pharmacien.

- Elles estiment nécessaire une clarification du cadre légal de la vente de médicaments pour être en conformité avec le droit communautaire et encadrer l’offre de médicaments sur Internet pour garantir la santé des patients.

- Elles sont particulièrement sensibles à la lutte contre la contrefaçon de médicaments, ainsi que tous les trafics de nature à mettre la vie et la santé des patients en danger. Dans ce sens, elles ont publié en 2006 un guide recensant les précautions d’utilisation d’Internet dans le domaine de la santé.
 
Plus de 50 %3 des médicaments achetés sur Internet sont contrefaits.
 
(1) « Cracking Counterfeit Europe ». Étude réalisée par Norwood pour le compte de Pfizer Inc ; 14 000 hommes et femmes de 14 pays européens y ont participé. Cette enquête a été réalisée entre le 27 octobre et le 8 novembre 2009. (2) Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique. (3) Bulletin de OMS. Groupe spécial international de lutte anti-contrefaçon de produits médicaux (IMPACT). 2009.