Le marché

Marché intérieur

  • 21.06.11

> Le médicament constitue la composante essentielle du traitement de très nombreuses pathologies

> Les 100 premiers médicaments réalisent 42 % du chiffre d'affaires réalisé en ville

> Au sein de l'hôpital public, qui est en pleine mutation, le médicament est un investissement clé

> Une promotion réglementée et encadrée par des bonnes pratiques contenues dans la charte de la visite médicale

 

Le médicament constitue la composante essentielle du traitement de très nombreuses pathologies

« Tout médicament préparé à l'avance, présenté sous un conditionnement particulier et caractérisé par une dénomination spéciale » répond à la définition légale des spécialités pharmaceutiques (article L.511 du Code de la santé publique). On entend par substance tout principe actif de base de médicament, qu'il soit d'origine humaine, végétale, animale ou chimique. Il existe en France environ 3 000 substances actives entrant dans la composition des spécialités pharmaceutiques. On entend par produit tout médicament spécialisé contenant une ou plusieurs substances de base, et vendu sous une même dénomination (quels que soient les associations, dosages, formes d'administration ou modèles divers sous lesquels il est vendu). 5 500 produits, soit environ 12 000 présentations, étaient commercialisés en France en 2010. Il existait en 1930 au moins 25 000 présentations et plus de 20 000 encore en 1959.

Le nombre actuel des présentations, un peu supérieur à celui de la Grande-Bretagne, est nettement inférieur à celui de l'Allemagne, du Canada, du Japon ou des États-Unis. L'augmentation récente en France correspond à l'offre générique de l'industrie suscitée par l'État. Du fait de ses spécificités, un médicament, prescrit ou non, ne peut être vendu comme un produit banal : la responsabilité de sa dispensation est confiée, en ville et à l'hôpital, aux pharmaciens. En ville, remboursable ou non, il est dispensé exclusivement dans les 22 386 pharmacies d'officine, dont la répartition sur le territoire assure à la population un service de proximité : on dénombre environ une pharmacie pour 2 889 habitants.

Décomposition du chiffre d’affaires d’une officine en 2010 (en prix public TTC)

Source : FSPF d’après Pharmastat

L'automédication est l'utilisation, à l'initiative du patient et hors prescription médicale obligatoire, de médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché, pour lui-même ou sa famille. En France, l'automédication, qui est une réponse thérapeutique pourtant moderne aux demandes du patient, est moins développée que dans les pays voisins : en 2010, elle a représenté (d'après l'Afipa – Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable) 1,9 milliard d'euros.

 

Parts de marché de l’automédication en 2010 (en chiffre d’affaires PPTTC)

Source : Afipa d’après IMS

La grande distribution demande, à l'instar des pratiques récentes dans quelques pays voisins, à pouvoir commercialiser ces produits dans des espaces dédiés, sous la responsabilité d'un pharmacien.

 

Les 100 premiers médicaments réalisent 42 % du chiffre d'affaires réalisé en ville

Analyse du marché officinal

Source : Leem d’après GERS

 

Les médicaments cardio-vasculaires représentent la classe la plus importante du marché officinal en valeur (18,7 %), suivis par les médicaments du système nerveux central (16 %) et ceux de l'appareil digestif (12,7 %).La convergence des comportements de prescriptions, déjà soulignée dans diverses études récentes et mentionnée dans un rapport parlementaire de 2008 est confirmée par une analyse des marchés français et américain pour l’année 2010 qui fait apparaître que huit des dix premiers produits sont communs. La prise en charge sur le marché français n’est pas complétement atypique puisque les assureurs privés et le système d’assurance publique Medicare prennent en charge respectivement 63 % et 22 % des dépenses de médicaments de prescription.

 

Répartition du marché officinal (1) par classe thérapeutique en 2010

Source : GERS
 

  1. (1)  Chiffre d’affaires exprimé en prix fabricant hors taxes
  2. (2)  Allergènes, immunomodulateurs, médicaments divers, produits de diagnostic

Le graphique qui suit donne la répartition du marché officinal selon l'âge des présentations.

 

Répartition du marché officinal en valeur (1) selon l’âge des présentations en 2010


Source : GERS
 
 

Au sein de l'hôpital public, qui est en pleine mutation, le médicament est un investissement clé


Le secteur hospitalier compte 2 877 établissements : 1 006 établissements publics correspondant à 291 483 lits et 1 871 établissements privés correspondant à 157 022 lits. Le médicament joue un rôle majeur et méconnu dans le processus d'économies sur le budget hospitalier. Le choix fait par la France, contrairement à de nombreux autres pays occidentaux, de faire de l'hôpital le sas d'entrée du progrès médical et thérapeutique, a abouti à des résultats spectaculaires en ce qui concerne la relation médicament-hôpital. Aux grands progrès historiques, trop vite oubliés (fermeture des sanatoriums grâce aux antibiotiques, quasi-suppression de la chirurgie gastrique grâce aux anti-ulcéreux, trithérapie pour les patients atteints du VIH désormais traités en ville…), il faut ajouter la diminution des durées de séjour et l'augmentation du coût moyen d'une journée d'hospitalisation (quantité, technicité et qualité des soins accrus). Ce progrès à l'hôpital a également contribué à faciliter l'accès de la population à ce progrès en ville, solution nécessaire pour rattraper le retard français en la matière.

Le médicament ne représente que 6,5 % de la dépense hospitalière, mais il a rendu et continue à rendre possible la diminution des dépenses structurelles d'hospitalisation par la poursuite en ville de traitements initiés à l'hôpital et par l'offre de solutions thérapeutiques ambulatoires alternatives pour les patients hospitalisés.

 

Une promotion réglementée et encadrée par des bonnes pratiques contenues dans la charte de la visite médicale

La publicité pour les médicaments à usage humain est définie comme toute forme d'information, y compris le démarchage de prospection et d'incitation qui vise à promouvoir la prescription, la délivrance, la vente ou la consommation de ces médicaments. La publicité pour un médicament n'est possible qu'après l'obtention de l'autorisation de mise sur le marché (article L.5122-1 du Code de la santé publique). La réglementation prévoit des dispositions spécifiques à la publicité des médicaments, selon qu'elle est destinée au public ou aux professionnels de la santé. La publicité auprès du public pour un médicament n'est admise qu'à la condition que ce médicament ne soit pas soumis à prescription médicale, qu'il ne soit pas remboursable par les régimes obligatoires d'Assurance Maladie et que l'autorisation de mise sur le marché ou l'enregistrement ne comporte pas de restrictions en matière de publicité auprès du public en raison d'un risque possible pour la santé publique. Le contrôle de la publicité pour les médicaments est exercé par l'Afssaps après avis de la commission chargée du contrôle de la publicité et de la diffusion de recommandations sur le bon usage des médicaments.

Par ailleurs, la profession s'est engagée dans une charte qualitative de visite médicale (2004), comportant à titre expérimental, pour quelques classes, des objectifs quantitatifs (2005), assortis de sanctions conventionnelles (2007) avec le CEPS. Chaque année, les entreprises du médicament sont redevables d'une contribution sur leurs dépenses de promotion ; le montant de cette taxe est de l'ordre de 160 à 200 millions d'euros. L'assiette et les taux de taxation sont définis dans le Code de la Sécurité sociale et sont régulièrement modifiés par les lois annuelles de financement de la Sécurité sociale. La promotion du médicament se fait en majeure partie par le biais des visiteurs médicaux. En 2010, 18 295 visiteurs médicaux étaient recensés dans l'industrie du médicament (dont 13,10 % en prestation) au travers des demandes de cartes professionnelles. 52,7 % d'entre eux ont obtenu le diplôme de visiteur médical, les autres bénéficiant de la validation des acquis de l’expérience et d’équivalences de diplômes. Fin 2010, les hommes représentaient 27,10% et les femmes 72,90 %. La proportion de femmes dans la visite médicale est donc nettement supérieure à celle de l'ensemble des salariés (42% d'hommes, 58% de femmes). 54,39 % des délégués médicaux exercent exclusivement en ville, 16,83 % exclusivement à l'hôpital et 28,78 % sur les deux marchés.

L'exercice de cette fonction est soumis à des règles strictes qui garantissent la qualité du message délivré. Les codes de bonnes pratiques, européens ou d'entreprises, la charte de la visite médicale, mise en place en 2005 et étendue à l'hôpital en 2008, ainsi que les référentiels de certification définissent les exigences qui encadrent l’activité des visiteurs médicaux.