Chiffres clés

Caractéristiques du marché français du médicament

REPÈRES  Parts de marché des médicaments remboursés ou non remboursés, répartition du marché officinal, place du médicament à l’hôpital public… Revue de détails.

> Le médicament constitue la composante essentielle du traitement de très nombreuses pathologies

> Les 100 premiers médicaments réalisent 42 % du chiffre d'affaires réalisé en ville

> Au sein de l'hôpital public, qui est en pleine mutation, le médicament est un investissement clé

 

Le médicament constitue la composante essentielle du traitement de très nombreuses pathologies

« Tout médicament préparé à l’avance, présenté sous un conditionnement particulier et caractérisé par une dénomination spéciale » répond à la définition légale des spécialités pharmaceutiques (article L. 511 du code de la santé publique). On entend par « substance » tout principe actif de base de médicament, qu’il soit d’origine humaine, végétale, animale ou chimique. Il existe en France environ 3 000 substances actives entrant dans la composition des spécialités pharmaceutiques. On entend par « produit » tout médicament spécialisé contenant une ou plusieurs substances de base, et vendu sous une même dénomination (quels que soient les associations, dosages, formes d’administration ou modèles divers sous lesquels il est vendu). 5 700 produits, soit environ 12 000 présentations, étaient commercialisés en France en 2011. Il existait, en 1930, au moins 25 000 présentations et plus de 20 000, encore, en 1959. Le nombre actuel des présentations, supérieur à celui de la Grande-Bretagne, est équivalent à celui de l’Allemagne, de l’Espagne ou de l’Italie. L’augmentation récente, en France, correspond à l’offre générique de l’industrie suscitée par l’État. Du fait de ses spécificités, un médicament, prescrit ou non, ne peut être vendu comme un produit banal : la responsabilité de sa dispensation est confiée, en ville et à l’hôpital, aux pharmaciens. En ville, remboursable ou non, il est dispensé exclusivement dans les 22 186 pharmacies d’officine, dont la répartition sur le territoire assure à la population un service de proximité : on dénombre environ une pharmacie pour 2 900 habitants.

Décomposition du chiffre d’affaires d’une officine en 2011 (en prix public TTC)


Source : FSPF d’après Pharmastat

L’automédication est l’utilisation, à l’initiative du patient et hors prescription médicale obligatoire, de médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché, pour lui-même ou sa famille. En France, l’automédication, qui est une réponse thérapeutique pourtant moderne aux demandes du patient, est moins développée que dans les pays voisins : en 2011, elle a représenté (d’après l’Afipa – Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable) 2 milliard d’euros.

 

Parts de marché de l’automédication en 2011 (en chiffre d’affaires PPTTC)

Source : Afipa d’après IMS

La grande distribution demande, à l'instar des pratiques récentes dans quelques pays voisins, à pouvoir commercialiser ces produits dans des espaces dédiés, sous la responsabilité d'un pharmacien.

 

Les 100 premiers médicaments réalisent 42 % du chiffre d'affaires réalisé en ville

Analyse du marché officinal

Source : Leem d’après GERS

 

Les médicaments cardio-vasculaires représentent la classe la plus importante du marché officinal en valeur (17,9 %), suivis par les médicaments du système nerveux central (16,5 %) et ceux de l’appareil digestif (12,5 %). La convergence des comportements de prescription au plan européen, déjà soulignée dans diverses études, est confirmée par une analyse de la CNAMTS de mars 2011

 

Répartition du marché officinal (1) par classe thérapeutique en 2011

Source : GERS
 

  1. (1)  Chiffre d’affaires exprimé en prix fabricant hors taxes
  2. (2)  Allergènes, immunomodulateurs, médicaments divers, produits de diagnostic

Le graphique qui suit donne la répartition du marché officinal selon l'âge des présentations.

 

Répartition du marché officinal en valeur (1) selon l’âge des présentations en 2010


Source : GERS
 
 

Au sein de l'hôpital public, qui est en pleine mutation, le médicament est un investissement clé

Le secteur hospitalier compte 2 891 établissements : 942 établissements publics, 664 établissements privés d’intérêt collectif et 1 285 cliniques privées à caractère commercial. Le médicament joue un rôle majeur et méconnu dans le processus d’économies sur le budget hospitalier. Le choix fait par la France, contrairement à de nombreux autres pays occidentaux, de faire de l’hôpital le sas d’entrée du progrès médical et thérapeutique, a abouti à des résultats spectaculaires pour ce qui concerne la relation médicament-hôpital. Aux grands progrès historiques, trop vite oubliés (fermeture des sanatoriums grâce aux antibiotiques, quasi-suppression de la chirurgie gastrique grâce aux anti-ulcéreux, trithérapie pour les patients atteints du VIH désormais traités en ville…), il faut ajouter la diminution des durées de séjour et l’augmentation du coût moyen d’une journée d’hospitalisation (quantité, technicité et qualité des soins accrues). Ce progrès à l’hôpital a également contribué à faciliter l’accès de la population à ce progrès en ville, solution nécessaire pour rattraper le retard français en la matière.

Le médicament ne représente que 6,8 % de la dépense hospitalière, mais il a rendu et continue à rendre possible la diminution des dépenses structurelles d’hospitalisation par la poursuite en ville de traitements initiés à l’hôpital et par l’offre de solutions thérapeutiques ambulatoires alternatives pour les patients hospitalisés.

Pour en savoir plus :

> L'économie du médicament (infographie)