Chiffres clés

Consommation de médicaments : répartition et financement

REPÈRES  Dans tous les pays développés, touchés ou non par la crise, la consommation de médicaments progresse structurellement plus vite que le PIB. 

> Dans tous les pays développés, crise ou pas, la consommation de médicaments progresse structurellement plus vite que le PIB
> Les dépenses de soins et de biens médicaux sont financées par la Sécurité sociale à 76 % en 2010
> Comparaisons internationales de la consommation de médicaments
 

 Dans tous les pays développés, crise ou pas, la consommation de médicaments progresse structurellement plus vite que le PIB

Les comptes nationaux de la santé mesurent chaque année les différents postes de la consommation médicale totale (valeur totale des biens et services médicaux consommés) et de la dépense courante en santé (somme des dépenses engagées par les financeurs publics et privés pour la fonction santé).
En 2010, la consommation de soins et de biens médicaux a atteint 175 milliards d'euros, soit 2 692 euros par habitant. Elle a progressé de 2,3 % par rapport à 2009.

Rapportée à la population, la consommation de médicaments et autres produits pharmaceutiques a été en moyenne de 530 euros par habitant en 2010. Il s'agit d'une moyenne qui recouvre une très grande diversité puisque ce sont surtout les personnes âgées et celles atteintes de maladies graves qui consomment le plus.

Ventilation de la consommation de soins et de biens médicaux en 2010

Source : comptes nationaux de la santé
 

(1) Y compris autres produits pharmaceutiques, produits sanguins, préparations magistrales, honoraires spéciaux du pharmacien d’officine, mais hors médicaments hospitaliers
(2) Optique, prothèses, orthèses, véhicules pour handicapés physiques, petits matériels et pansements

L’originalité majeure de la consommation française est liée à sa structure : primo, la faiblesse du recours à la chirurgie ambulatoire et aux formes modernes d’hospitalisation, relativement économique, par rapport aux pays voisins ; secundo, la tendance à la déresponsabilisation des professionnels de santé et des patients (exonération de ticket modérateur et tiers-payant), caractérisant la prise en charge des soins, avec une faiblesse des contrôles en dépit d’un large accès aux soins et le refus de la traçabilité informatique des prescriptions hospitalières (dans notre pays hospitalo-centriste).
 
Les pouvoirs publics cherchent à maîtriser cette consommation en faisant évoluer le comportement des acteurs de santé via des actions de maîtrise médicalisée.
Depuis avril 2009, les médecins généralistes peuvent s’engager, notamment sur des objectifs de prescription de produits anciens moins chers – dans le répertoire ou non –, pour sept classes médicamenteuses et percevoir une rémunération moyenne de 3 000 euros par an en complément de leur rémunération à l’acte. Le Leem veille à ce que les modalités de ces engagements ne soient pas constitutives d’une perte de chances pour les patients et demeurent respectueux de la singularité des produits. Cette orientation a été accentuée dans la convention médicale de début 2012.
 

Evolution de la consommation de médicaments des ménages (prix publics)

Source : comptes nationaux de la santé, Insee, Leem

(1) Y compris autres produits pharmaceutiques, produits sanguins, préparations magistrales, honoraires spéciaux du pharmacien d’officine, mais hors médicaments hospitaliers

Le tableau 60 montre que la part de la consommation médicale dans le PIB a augmenté beaucoup plus rapidement que celle de la consommation de médicaments : elles sont passées respectivement de 5,2 % en 1970 à 9 % en 2010 contre 1,4 % en 1970 à 1,8 % en 2010. Cette augmentation, jointe au ralentissement de la croissance économique depuis 1975 et à l’amélioration de la prise en charge collective des soins, a entraîné une situation de déficit chronique de l’Assurance Maladie.

Evolution de la part de la consommation de soins et de biens médicaux et de la consommation de médicaments dans le PIB (en milliards d’euros et en %)


Source : comptes nationaux de la santé, Insee
 
(1) Y compris autres produits pharmaceutiques, produits sanguins, préparations magistrales, honoraires spéciaux du pharmacien d’officine, mais hors médicaments hospitaliers

La consommation effective des ménages en biens et services de santé regroupe les dépenses effectivement supportées par les ménages et celles supportées par la collectivité. En 2010, elle représentait 12,2 % de la consommation effective totale des ménages (cf. tableau 61). Elle doit être corrélée aux indicateurs de santé publique français, supérieurs à ceux de nos voisins.
 

Comparaison entre la consommation de médicaments et quelques autres postes de consommation des ménages (en millions d’euros courants)


Source : Comptes nationaux de la santé (1ère colonne), Insee – la consommation des ménages
 
(1) Y compris autres produits pharmaceutiques, produits sanguins, préparations magistrales, honoraires spéciaux du pharmacien d’officine, mais hors médicaments hospitaliers
 

Evolution de la structure de la consommation de soins et de biens médicaux

Source : Comptes nationaux de la santé

 Les dépenses de soins et de biens médicaux sont financées par la Sécurité sociale à 76 % en 2010

La Sécurité sociale reste de loin le premier financeur des dépenses de santé, avec 75,8% du financement. Les complémentaires (mutuelles, sociétés d'assurances, institutions de prévoyance) assurent 13,5 % du financement des dépenses de santé, dont 7,5 % pour les mutuelles contre 3,6 % pour les assureurs. La part directe des ménages représente actuellement 9,4 %.

93 % des ménages bénéficient d’une couverture complémentaire, qu’elle soit obtenue par une mutuelle, par une assurance privée ou par la couverture maladie universelle (CMU) qui complète, le plus souvent, à hauteur de 100 % le remboursement de la Sécurité sociale. La sensibilité directe des ménages aux prix des médicaments est donc très faible.

Evolution de la consommation (1) de médicaments en France (en nombre d’unités (2))


 
 

 Comparaisons internationales de la consommation de médicaments

La France a longtemps été présentée comme le premier pays consommateur de médicaments. Depuis quelques années, plusieurs études relativisent cette affirmation. L’étude du Professeur Le Pen publiée en 2007 souligne que le classement des pays en termes de consommation médicamenteuse dépend fortement de l’unité considérée, de la classe thérapeutique et de la période. La conclusion montre une convergence puissante des niveaux de consommation de médicaments européens. Cette convergence est confirmée dans une étude de la
CNAMTS sur l’évolution des huit principales classes pharmaco- thérapeutiques entre 2006 et 2009 en unités standardisées. Selon cette étude, la consommation d’unités en 2009 par habitant est de 456 au Royaume-Uni, 382 en Espagne et en France, 329 en Allemagne et 298 en Italie (cf. graphique 64). Pour trois classes (statine, IPP, antidépresseurs), la croissance française est la plus faible d’Europe. Certes, le coût collectif du médicament est légèrement supérieur, en France, en raison non des prix et à peine des volumes, mais d’un effet structure qui lui fait consommer des produits plus récents et plus innovants. Elle a fait le choix d’un large accès des patients à l’innovation, qui se
traduit par de meilleurs indicateurs de santé publique et d’une prise en charge par l’Assurance Maladie obligatoire importante.
Ce coût collectif pourrait être réduit, sans porter préjudice à la santé du patient, en promouvant l’automédication et en révisant le système des ALD.

Source : CNAMTS

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