|
Avec un marché biopharmaceutique en forte croissance, les besoins de production de molécules thérapeutiques sont grandissants. Entre 2008 et 2011, les capacités de bioproduction dans le monde augmenteront de 25 %. C’est aux Etats-Unis et en Europe du Nord (Pays-Bas, Irlande, Royaume-Uni et Danemark) que sont installées la plupart des unités de production de lots commerciaux. Pour que la France, qui accuse encore un large retard, puisse rester dans la course, elle devra pouvoir attirer les investissements nécessaires à la création d’unités de production. Cette étude conduite conjointement par le Leem et Genopole met notamment en évidence la nécessité pour les industriels de prendre le virage de la bioproduction et pour les pouvoirs publics d’établir un environnement attractif pour favoriser l’implantation d’unités de production en France. La 2e édition du Symposium international sur la bioproduction, sur le thème « Productivité et excellence opérationnelle en bioproduction » se tient aujourd’hui 6 octobre au Génocentre d’Evry. A cette occasion, Christian Lajoux, président du LEEM – Les entreprises du médicament – et Pierre Tambourin, directeur général de Genopole, présentent les résultats de l’étude « Bioproduction en 2008, état des lieux et recommandations pour l’attractivité française », conduite conjointement par le LEEM et Genopole. L’étude montre que la part des biomédicaments dans l’industrie pharmaceutique passera de 10 % à plus de 15 % entre 2007 et 2012 ; 104 nouveaux biomédicaments devraient être commercialisés d’ici 2012. En 2007, 369 biomédicaments étaient en phase I de développement clinique, 259 en phase II et 126 en phase III. Cette étude dresse également un état des lieux des implantations d’unités de bioproduction en Europe et dans le reste du monde et hiérarchise les critères de décision d’installation de ces unités. « Sur les 7 projets européens de création d’ici 2011, aucun n’est prévu en France ! Les facteurs clés d’implantation majeurs identifiés par l’étude sont les politiques fiscale et sociale du pays d’accueil, la formation et l’expérience professionnelle ainsi que l’environnement technique et scientifique » précise Pierre Tambourin, Directeur général de Genopole. Il apparaît aussi que l’attractivité de la France est sous-estimée par les décideurs. Pour favoriser l’implantation d’unités de production de lots commerciaux, la France devra garder sur son territoire les molécules, de la recherche à la production commerciale. 4 axes de propositions pour accroître l’attractivité de la France sont mis en évidence : sécuriser la production des lots cliniques, favoriser la création d’un ou plusieurs nouveaux établissements de production de lots commerciaux, soutenir un projet national de partenariat public/privé pour la recherche sur les bioprocédés et développer la formation et les compétences spécifiques à la bioproduction. « Un pays développé doit pouvoir faire bénéficier sa population de ces nouvelles voies de traitement. Il en va de son indépendance sanitaire, de sa capacité à anticiper les évolutions épidémiologiques nationales et à figurer en bonne place dans le « club » très envié des grands pays leaders en matière de santé. » ajoute Christian Lajoux, Président du LEEM.
|