L'industrie
Chiffre d'affaires
- 21.06.11
Plus de 50 milliards d'euros de chiffre d'affaires des médicaments en 2010, dont 47 % à l'exportation
En 2010, le chiffre d'affaires en médicaments en ville s'est élevé à 21,5 milliards d'euros (en prix fabricant hors taxes), soit + 0,3 % par rapport à 2009, après + 2,4 % en 2009 et + 1,9 % en 2008. Les unités de médicaments remboursables ont décru de 1 % entre 2009 et 2010. À l'hôpital, la croissance du marché s'établit à +2 %. En 2010, les exportations de médicaments ont grimpé à 24 milliards d'euros (+ 4,5 % par rapport à 2009). Sur les dix dernières années, les exportations françaises de médicaments ont augmenté en moyenne de 7 % par an. Pour l'année 2010, le solde de la balance commerciale de médicaments s'établit à + 7 milliards d'euros tandis que le solde de la balance commerciale nationale est déficitaire de 51 milliards d'euros.
Source : Leem d’après GERS et statistiques douanières
Source : Leem d’après GERS et statistiques douanières
Une évolution du chiffre d'affaires France fortement contrainte
Les lois de financement annuel de la Sécurité sociale viennent organiser l'équilibre entre dépenses et recettes de l'Assurance maladie autour de quatre grandes enveloppes (médecine ambulatoire, hôpitaux soumis à la tarification à l'activité, autres établissements de soins et établissements médico-sociaux). La mise en place en 2004 d'un « plan médicament » à l'occasion de la réforme de l'Assurance Maladie de Philippe Douste-Blazy, complété en 2005 par Xavier Bertrand, a eu une incidence forte sur la croissance du chiffre d'affaires du médicament remboursable. Le taux de croissance annuel moyen s'établissait à 5,9 % sur la période 2000-2004. Il se situe à 1,6 % pour la période 2005-2010. Les économies engendrées par ce plan peuvent être évaluées à plus de 4 milliards d'euros entre 2005 et 2007 (source GERS). Les objectifs assignés à l'industrie pharmaceutique ont donc été largement atteints au cours de la période récente. Ces dernières années, la multiplication des intervenants et la diversité des outils mis en place par les pouvoirs publics (CEPS, HAS, Uncam) avec les baisses de prix, l'essor des génériques, les référentiels de bon usage et les Capi, le durcissement des critères d'évaluation par la Commission de la transparence et le début d'encadrement des prescriptions hospitalières, renforcent la maîtrise de la dépense, et par conséquent limitent la croissance du chiffre d'affaires. Il n'existe pas d'éléments qui permettent de prévoir une orientation différente dans les prochaines années compte tenu de l'ampleur des déficits de l'Assurance maladie.
La régulation économique du médicament se fait dans un cadre conventionnel État/Industrie. Néanmoins, des instruments de maîtrise complémentaires ont été mis en place, n'intégrant pas les dimensions industrielles et de recherche des entreprises du médicament. Ce dernier devient la variable d'ajustement, au bénéfice d'autres postes de dépenses pourtant moins stratégiques pour l'économie française. L'objectif de croissance du chiffre d'affaires des médicaments a été fixé à 0,5 % pour l'année 2011. Au-delà de ce seuil, le chiffre d'affaires industriel des médicaments remboursables en ville et certains médicaments hospitaliers (rétrocession et facturables en sus de la T2A) est lourdement taxé (jusqu'à 70 % du dépassement) au travers de la clause de sauvegarde. Or, ce seuil, fixé sans rationnel par l'État, n’est pas corrélé aux besoins thérapeutiques légitimes induits par la situation épidémiologique.
Trois études successives, réalisées pour le Leem et le LIR à partir de 2001, sur la base de données publiques, ont montré à quel point certains besoins essentiels de santé publique n'étaient pas couverts sur des pathologies majeures (asthme, risque cardio-vasculaire, ostéoporose…). La réforme de l'Assurance Maladie d'août 2004, puis les actions de bon usage de la CNAMTS fin 2004, prévoient diverses mesures structurelles d'approche médicalisée, y compris dans quelques classes thérapeutiques nommément définies, améliorant la qualité des soins et visant à éliminer des consommations non médicalement justifiées (politique qui a été renouvelée en 2009 avec une incitation à prescrire dans le répertoire générique). L'accord-cadre définit un cadre de soutien au progrès thérapeutique au service du patient, et donne une meilleure lisibilité à moyen terme à la politique du médicament. Il prévoit également des dispositions contraignantes pour l'industrie. Cependant, les actions de maîtrise médicalisées, instaurées par les nouveaux acteurs créés par la réforme de 2004, impactent de façon majeure et non conventionnelle la gouvernance du médicament.
Source : IMS Health, (2) IMS World Review Preview 2010
(1) Ventes des grossistes-répartiteurs ou des laboratoires aux pharmaciens de produits de prescription et de certains produits OTC ; ce chiffre d’affaires peut inclure des remises commerciales
Note : l’harmonisation des séries statistiques nécessaires aux comparaisons internationales, et des sources de données différentes expliquent les écarts d’évolution du chiffre d’affaires mentionnés pour la France.
Le marché des génériques en 2010
Le répertoire des génériques, créé et géré par l'Afssaps dans une approche rigoureuse de santé publique fondant la confiance des parties prenantes, est constitué par les groupes génériques représentant le médicament princeps et ses génériques – commercialisés ou non. En 2010, il représente 4,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires (1,9 milliard pour les princeps et 2,6 milliards pour les génériques), soit 23 % du marché remboursable. L'année 2008 avait été marquée par une modification des règles de gestion des prix dans le répertoire : le prix des génériques à l'introduction est fixé à - 55 % du prix du princeps (contre - 50 % auparavant) ; les prix des princeps sont baissés de 12,5 % et ceux des génériques de 7 % à l'issue de 18 mois de commercialisation des génériques (contre - 10 % et - 4 % à l'issue de 24 mois auparavant).
Les contrats d'amélioration des pratiques individuelles (Capi), mis en place par les pouvoirs publics en avril 2009, modifient le marché du générique. Les médecins ont la possibilité de s'engager sur des objectifs chiffrés de prescription de médicaments ayant perdu leur brevet, substituables par le pharmacien, et de toucher une rémunération en retour. Pour mémoire, le CEPS estime qu'un point additionnel de substitution dans le répertoire économise 12 millions d'euros à l'Assurance Maladie, alors qu'un point additionnel de prescription dans le répertoire économise 60 millions d'euros.
L'année 2010 a été très lourdement impactée par l'arrivée des génériques de Plavix, deuxième médicament le plus vendu dans le monde avant l’arrivée des génériques. La publication d’un décret permettant l’inscription au répertoire des spécialités qui se présentent sous une forme pharmaceutique orale à libération modifiée différente de celle de la spécialité de référence (quasi-génériques) en février 2011 et l’alignement de leur conditions commerciales sur les génériques classiques (plafonds de remises fixés à 17% par la LFSS 2011 et marges officinale calculée sur la base du princeps fixés par un arrêté de mars 2011) devraient sensiblement impacter le marché en 2011.
Les médicaments génériques ont permis de réaliser des économies très importantes durant la dernière décennie (1,8 milliards d’euros pour la seule année 2010 selon le GEMME) : aujourd’hui près d’une boîte sur quatre est un générique. Ces économies sont loin d’être épuisées : le développement des CAPI et la tombée dans le domaine public de nombreuses molécules soutiendront ce marché jusque vers 2016-2017.
Source : Leem d’après GERS
Source : Leem d’après GERS









