Exportations et importations

26.09.19

27 milliards d'euros d'exportations …

Les exportations françaises de médicaments sont en augmentation par rapport à  2017. Elles atteignent 27 milliards d’euros, soit une croissance de 1,8 % par rapport à l’année précédente.
Après un fort recul en 2014,  le chiffre d’affaires exporté dépasse son niveau de 2013 (26,3 milliards d’euros).
 

… orientées vers l’Union européenne et les pays d’Europe centrale et orientale

Les exportations de médicaments vers l’Europe représentent 15,8 milliards d’euros en 2018 (58,5 % du total). Les Etats-Unis sont le premier pays destinataire des exportations françaises, devant la Belgique et  l’Allemagne.

Des signes d’inquiétude pour le futur

Malgré ce bon résultat de l’année 2018, le marché de l’export connaît une croissance plus contrastée qu’il y a dix ans : alors que  la croissance annuelle moyenne des exportations était de 3,3 % entre 2009 et 2013, celle-ci n’est plus que 1,9 % entre 2014 et 2018. Ce ralentissement peut s’expliquer par un contexte de concurrence inter-Etats accrue.

En effet, l’augmentation du protectionnisme  dans de nombreux pays émergents(préférence nationale pour les appels d’offres publics, interdiction d’importation pour les produits dont les génériques sont fabriqués localement, remise en cause de certains droits de propriété intellectuelle…) et les incitations à la production locale pénalisent nos exportations.

A ces facteurs s’ajoute le constat établi par une analyse réalisée annuellement par le Leem, qui montre que sur les 254 médicaments autorisés en Europe entre 2016 et 2018, seulement 20 sont produits dans l’hexagone, contre 46 au Royaume-Uni, 36 en Allemagne et 31 en Irlande.
En étant moins impliquée que ses voisins dans la production de  nouveaux médicaments,  la France se prive dès lors des exportations dont elle aurait pu bénéficier, et se voit dans le même temps dans l’obligation de les importer.
Dans son étude annuelle sur la compétitivité française, publiée en juin 2019, Coe-Rexecode a objectivé le recul des exportations de la France, et plus particulièrement de l’export pharmaceutique, par rapport à celles de ses voisins européens. tandis que la part des exportations françaises, tous produits confondus, dans celles de l’ensemble de la zone euro est passée de 17,2 % à 11,7 % (– 5,5 points) entre 2001 et 2018, cette part pour les seuls médicaments est passée de 20,8 % à 12,6 % (– 8,3 points) sur la même période.

 

La régulation du marché domestique pèse sur la balance commerciale

Une étude réalisée par IQViA s’est intéressée aux conséquences des baisses de prix en France sur le chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques réalisé à l’international.
Les résultats montrent une corrélation non négligeable entre les décisions  de  baisses de prix prises en France et leur impact à l’international.
En effet, dans le cadre du système des prix de référence internationaux de nombreux pays se réfèrent aux prix des médicaments dans d’autres pays, dont la France, pour fixer et réguler ceux des médicaments sur leur marché.

Ainsi, il a été montré que lorsque 1 euro de chiffre d’affaires est perdu en France suite à une baisse de prix, la perte à l’international est de 0,46 euro. Ce ratio est encore  plus  important  lorsqu’on se concentre uniquement sur les produits fabriqués en France : 1 euro de perte en France entraîne 0,81 euro de perte de chiffre d’affaires à l’étranger. Ces chiffres démontrent donc que les conséquences des baisses de prix en France dépassent le marché français et sont délétères pour nos exportations.

 

La Belgique, l’Allemagne et l’Italie sont les destinataires privilégiés des exportations françaises, puisque les entreprises opérant en France y réalisent 46,9% de leurs exportations vers l’Europe. Puis viennent le Royaume- Uni (9,8 %), la Suisse et l’Espagne (respectivement 9,5 % et 5,5 %).
 

 

19,3 milliards d’euros d’importations en 2018

En 2018, la France a importé 19,3 milliards d’euros de médicaments, en  augmentation de 3,1 % par rapport à 2017. Ces importations proviennent principalement d’Allemagne (17,6%), de Suisse (13,1 %), de Belgique (13%), des Etats-Unis (12,4 %) et d’Irlande (11,7 %).

 

 

Le médicament, des rentrées de devises pour la France

Les échanges commerciaux de médicaments ont représenté, pour la France, un excédent commercial de 7,7 milliards d’euros en  2018, un montant similaire à celui de 2017 et stable depuis quatre ans.

 

Les médicaments : 4ème excédent commercial de la France en 2018

Le solde global des échanges commerciaux de la France accuse un déficit de 59,9 milliards d’euros en 2018, soit une nouvelle dégradation de 2 milliards d’euros qui fait suite à celle, très importante, de 2016 (13 milliards d’euros).
L’augmentation de la facture énergétique, due à la remontée du cours du pétrole, explique toujours en grande partie ces chiffres.
Les exportations de produits pharmaceutiques ont représenté  6,3 % des exportations totales de la France, derrière l’aéronautique/aérospatiale (12%)  et  les produits de la construction automobile  (7,4%).
Les produits pharmaceutiques ont réalisé 4,6 % des importations totales de la France derrière, notamment, les produits de la construction  automobile  (8,1 %)  et  l’aéronautique/aérospatiale (5,4 %).
Toujours sur la même période, les produits pharmaceutiques se situent au 4ème rang des secteurs industriels (hors matériel militaire) en termes d’excédent commercial  dégagé.
 

Le commerce parallèle, un fléau majeur limitant l’amortissement de la recherche

La construction de l’Union européenne est fondée sur le principe de libre circulation des personnes et des marchandises entre les pays qui la composent.
Le médicament n’y échappe pas. L’importation parallèle intra-communautaire de médicaments trouve ses origines dans l’utilisation, par les intermédiaires commerciaux, d’une spécificité du marché intérieur européen : la coexistence de la libre circulation et du droit des Etats à fixer un prix administratif pour les médicaments remboursables.
Le commerce parallèle naît de décisions gouvernementales de certains pays d’Europe du Sud (la Grèce, la péninsule ibérique, mais aussi la France), où les prix sont administrés au préjudice d’autres pays qui disposent d’une liberté de prix.
Dans les Etats concernés, le commerce parallèle ne profite qu’aux intermédiaires et, exceptionnellement, aux organismes de protection sociale. Quant aux patients, ils sont exposés à des ruptures d’approvisionnement du marché français.
En  2016, le commerce parallèle européen  était estimé à 5,2 milliards d’euros, sans que l’organisation de la distribution par les entreprises puisse y apporter de solutions satisfaisantes. Il demeure une préoccupation essentielle pour les laboratoires.

 

 

Ainsi, en Allemagne, 2,7 milliards d’euros du chiffre d’affaires réalisé en ville provient de médicaments issus d’importation parallèle, soit 8,5 % du marché de ville. Compte tenu des prix pratiqués, la France est surtout un pays d’exportation parallèle et la part des importations parallèles dans le marché français reste faible.

 

L’essentiel

27 Milliards d'euros

Montant des exportations de médicaments depuis la France en 2018.

7,7 Milliards d'euros

Excédent commercial généré par les échanges de médicaments.

Les États-Unis

Premier pays importateur de médicaments en provenance de France.
 

L’industrie pharmaceutique
3ème plus gros exportateur
derrière l'aéronautique/aérospatiale et l'automobile.