Exportations et importations

29.09.20

30 milliards d'euros d'exportations …

Les exportations françaises de médicaments sont en augmentation par rapport à 2018.
Elles atteignent 30 milliards d'euros, soit une croissance de 11% par rapport à l'année précédente. C'est la plus forte croissance constatée depuis 2012.

 

… orientées vers l’Union européenne et les pays d’Europe centrale et orientale

Les exportations de médicaments vers l'Europe représentent 17,8 milliards d'euros en 2019 (59,4% du total). Les Etats-Unis sont le premier pays destinataire des exportations françaises, devant la Belgique et l'Allemagne.

Des chiffres encourageants

En 2019, le marché de l'export connaît une croissance bien supérieure à ce qu'on avait pu constater les années précédentes : entre 2014 et 2018, la croissance annuelle des exportations n'était que de 1,9% en moyenne.
Cette augmentation de 11% des chiffres à l'export s'explique d'une part par l'intensification des échanges intra-européens : la croissance des exportations vers les pays européens s'élève à 13% en 2019.
D'autre part, elle est due à la forte hausse de la valeur des importations pharmaceutiques des Etats-Unis en provenance de l'Union européenne. Cela profite aux principaux fournisseurs européens, dont la France, puisque ses exportations vers les Etats-Unis augmentent de plus de 14% en 2019.
Ce bon résultat est cependant à nuancer.
D'après une analyse réalisée annuellement par le Leem, sur les 315 médicaments autorisés en Europe entre 2016 et 2019, seulement 25 sont produits dans l'Hexagone, contre 56 au Royaume-Uni et en Allemagne, 46 en Irlande et 28 en Italie.
En étant moins impliquée que ses voisins dans la production de nouveaux médicaments, la France se prive dès lors des exportations dont elle aurait pu bénéficier, et se voit dans le même temps dans l'obligation de les importer.

Dans son étude annuelle sur la compétitivité française, publiée en juin 2019, Coe-Rexe- code a objectivé le recul des exportations de la France, et plus particulièrement de l'export pharmaceutique, par rapport à celles de ses voisins européens.
Tandis que la part des exportations françaises, tous produits confondus, dans celles de l'ensemble de la zone euro est passée de 17,2% à 11,7% (- 5,5 points) entre 2001 et 2018, cette part pour les seuls médicaments est passée de 20,8% à 12,6% (- 8,3 points) sur la même période.
 

La régulation du marché domestique pèse sur la balance commerciale

Une étude menée par IQVIA s'est intéressée aux conséquences des baisses de prix en France sur le chiffre d'affaires des laboratoires pharmaceutiques réalisé à l'international.
Les résultats montrent une corrélation non négligeable entre les décisions de baisses de prix prises en France et leur impact à l'international.
En effet, dans le cadre du système des prix de référence internationaux, de nombreux pays se réfèrent aux prix des médicaments dans d'autres pays, dont la France, pour fixer et réguler ceux des médicaments sur leur marché.
Ainsi, il a été montré que lorsque 1 euro de chiffre d'affaires est perdu en France suite à une baisse de prix, la perte à l'international est de 0,46 euro.
Ce ratio est encore plus important lorsqu'on se concentre uniquement sur les produits fabriqués en France : 1 euro de perte en France entraîne 0,81 euro de perte de chiffre d'affaires à l'étranger.
Ces chiffres démontrent donc que les conséquences des baisses de prix en France dépassent le marché français et sont délétères pour les exportations.

 

La Belgique, l'Allemagne et l'Italie sont les destinataires privilégiés des exportations françaises, puisque les entreprises opérant en France y réalisent 52,9% de leurs exportations vers l'Europe. Puis viennent le Royaume Uni (7,4%), la Suisse et l'Espagne (respectivement 7,2% et 5,1%).
 

20,3 milliards d’euros d’importations en 2019

En 2019, la France a importé pour 20,3 milliards d'euros de médicaments, soit 5,3% de plus qu'en à 2018.
Ces importations proviennent principalement d'Allemagne (16,4%), des Etats-Unis (15,2%), d'Irlande (14,5%) et de Suisse (10,4%).
On notera la forte augmentation de la part des importations de médicaments depuis les Etats-Unis (+24%) et l'Irlande (+26%), aux dépends de l'Allemagne (-5%) et de la Suisse (-19%).
 

Le médicament, des rentrées de devises pour la France

Les échanges commerciaux de médicaments ont représenté, pour la France, un excédent commercial de 9,7 milliards d'euros en 2019, soit un montant supérieur de 25% à celui de 2018. Une telle augmentation n'avait pas été observée depuis 2012.
 

Les médicaments : 4ème excédent commercial de la France en 2019

Le solde global des échanges commerciaux de la France accuse un déficit de 58,9 milliards d'euros en 2019, soit une nette amélioration de 3,9 milliards d'euros par rapport au solde de l'an dernier (62,8 milliards d'euros).
Ce résultat s'explique par le dynamisme des exportations de produits aéronautiques, pharmaceutiques et de parfums, ainsi que par la diminution de la facture énergétique consécutive à la baisse des prix du pétrole.
Les exportations de produits pharmaceutiques ont représenté 6,8% des exportations totales de la France, derrière l'agroalimentaire (13%), l'aéronautique/aérospatiale (12,9%) et les produits de la construction automobile (10%).
Les produits pharmaceutiques ont réalisé 4,8 % des importations totales de la France derrière, notamment, les produits de la construction automobile (11,3%) et l'aéronautique/aérospatiale (5,8%).

Toujours sur la même période, les produits pharmaceutiques se situent au 4e rang des secteurs industriels (hors matériel militaire) en termes d'excédent commercial dégagé.

Le commerce parallèle, un fléau majeur limitant l’amortissement de la recherche

La construction de l’Union européenne est fondée sur le principe de libre circulation des personnes et des marchandises entre les pays qui la composent.
Le médicament n’y échappe pas.
L'importation parallèle intra-communautaire de médicaments trouve ses origines dans l'utilisation, par les intermédiaires commerciaux, d'une spécificité du marché intérieur européen : la coexistence de la libre circulation et du droit des Etats à fixer un prix administratif pour les médicaments remboursables.
 

Le commerce parallèle naît de décisions gouvernementales de certains pays d'Europe du Sud (la Grèce, la péninsule ibérique, mais aussi la France), où les prix sont administrés au préjudice d'autres pays qui disposent d'une liberté de prix.
Dans les Etats concernés, le commerce parallèle ne profite qu'aux intermédiaires et, exceptionnellement, aux organismes de protection sociale.
Quant aux patients, ils sont exposés à des ruptures d'approvisionnement du marché français.
En 2018, le commerce parallèle européen était estimé à 5,5 milliards d'euros, sans que l'organisation de la distribution par les entreprises puisse y apporter de solutions satisfaisantes.
Il demeure une préoccupation essentielle pour les laboratoires.
Ainsi, en Allemagne, 2,9 milliards d'euros du chiffre d'affaires réalisé en ville provient de médicaments issus d'importation parallèle, soit 8,5% du marché de ville.
Compte tenu des prix pratiqués, la France est surtout un pays d'exportation parallèle et la part des importations parallèles dans le marché français reste faible.

 

L’essentiel

1 106 milliards de dollars

Chiffre d'affaires du marché mondial du médicament en 2019, dont 47,55% sont réalisés aux Etats-unis.

5e

Position de la France au niveau mondial, mais sa part de marché recule de 2,2 points en dix ans.

Les 5 premiers groupes pharmaceutiques

représentent 23,7% du marché mondial.

30 milliards d’euros

Montant des exportations de médicaments depuis la France, en 2019.

9,7 Milliards d'euros

Excédent commercial généré par les échanges de médicaments en 2019.

Les États-Unis

Premier pays importateur de médicaments en provenance de France.

Les médicaments

4e excédent commercial de la France en 2019, derrière l'agroalimentaire, l'aéronautique/aérospatiale et l'automobile.