Emploi et localisation

03.07.18

Une industrie technique, innovante et sûre

Après sept années ininterrompues de baisse des effectifs, le marché de l’emploi semble se stabiliser.
Globalement, le secteur professionnel atteint un effectif de 98 786 personnes en 2016, contre 98 690 en 2015, s’arrimant ainsi sous la barre des 100 000 emplois.

Toutefois, la branche professionnelle de l’industrie pharmaceutique rassemble encore 129 100 salariés, selon les données de la Dares (31/12/2015), lesquelles englobent des entreprises dont l’activité n’est pas exclusivement « médicament ».
Nous constatons une augmentation des postes du secteur en 2016 par rapport à 2015 (+ 0,1 %, soit une hausse de 96 emplois), avec un nombre de recrutements (CDI/CCD) qui reste dynamique : 6 767 en 2016.
En 2017, 14 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont été annoncés en France, impactant 1 136 postes. C’est moins qu’en 2016 : 1 715 postes étaient concernés.

Le secteur du médicament connaîtra plus de 4 600 départs à la retraite d’ici à 2023 (5% des effectifs), auxquels s’ajoutent près de 11 000 départs (11,1 %) liés au turnover naturel.
Ce constat soulève la question du renouvellement des effectifs à terme.
L’industrie pharmaceutique est en capacité de rebondir, mais les conditions d’attractivité devront être réunies afin de favoriser l’emploi en France.
La consolidation des capacités de bioproduction, l’amélioration de la visibilité et de la stabilité réglementaire, ou encore l’allègement de la fiscalité française renforceront la présence du secteur sur notre territoire, et les emplois en conséquence.

Dans un contexte actuel de stabilisation des effectifs, les entreprises du médicament rencontrent néanmoins des difficultés de recrutement pour certains métiers en R&D ou en production, ou pour les diplômes de pharmacien ou de médecin.
Les recrutements sont en outre compliqués par le droit du travail français, qui est considéré comme l’un des plus complexes et contraignant pour les entreprises en Europe.
Ces difficultés existent, alors que le secteur connaît des transformations rapides sur le plan économique, technologique et réglementaire, dans un environnement fortement concurrentiel.

Pour anticiper ces transformations et devenir un acteur des prochaines révolutions médicales, l’industrie du médicament participe activement au comité stratégique de filière (CSF) et au 8ème Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS).
Le CSIS est le lieu où s’élabore une vision stratégique du secteur des industries de santé commune aux pouvoirs publics et aux industriels, et où sont proposées des réponses partagées.
Le 8ème CSIS est centré sur l’attractivité de la France et le développement des solutions de santé de demain.

 

Un poids significatif dans le tissu économique de six régions majeures

Six bassins d’emploi représentent plus des trois quarts (77,8 %) de l’emploi en France : 29,2 % des salariés de la branche sont localisés en Ile-de-France ; 16,9 % en Auvergne-Rhône-Alpes ; 10 % en Normandie ; 8,9 % en région Centre-Val de Loire ; 6,6 % dans le Grand - Est et 6,2 % en Nouvelle-Aquitaine.

 

Une évolution de l’emploi différenciée selon les activités

En dix ans, les effectifs de R&D ont diminué de 2,6 %, ceux de la production ont augmenté de 18,8 % (changement de périmètre avec intégration des sous-traitants), ceux de la commercialisation ont chuté de 25,9 % et ceux des fonctions transverses ont baissé de 14,2 %.

 

 

Atouts pour l’innovation et l’économie : des effectifs de R&D et de production importants

La proportion de personnes ayant une activité de R&D reste élevée dans les entreprises du médicament.
Pour autant, l’emploi en recherche et développement est fragile, car les effectifs se concentrent sur un petit nombre d’entreprises, et la tendance au développement de partenariats externes de recherche et de transfert d’activités de R&D vers des pays plus attractifs – notamment en termes de maillage entre public et privé, et d’accès au marché – s’accentue.

 

Une production créatrice d’emplois qualifiés

La France est historiquement un grand producteur de médicaments et de vaccins, secteur qui constitue une richesse dans l’économie nationale et régionale.
Les effectifs sont en augmentation de 11 % sur les cinq dernières années et représentent 45 % de l’emploi du secteur en 2016 : 44 136 personnes occupent un emploi de production.

Une dynamique de recrutement qui se poursuit

Les entreprises du médicament ont embauché 10 867 personnes en 2016, dont 34 % en CDI.
La moyenne des recrutements sur dix ans est de 9 540 par an, tous types de contrats confondus.

Une majorité de recrutements en production en 2016

Selon les repères sur l’emploi du Leem, 43 % des recrutements en 2016 ont concerné les métiers de production, puis viennent les fonctions transverses (17 %), la famille commercialisation- diffusion (26 %), et enfin la R&D (14 %).

Des emplois de plus en plus qualifiés et des compétences rares

La complexité croissante des disciplines scientifiques, le développement de nouveaux champs de recherche (biologie moléculaire, génomique, protéomique...), le renforcement des exigences de qualité et de la réglementation, les évolutions technologiques, la mondialisation de l’activité et l’intensification de la concurrence conduisent à une élévation globale du niveau de qualification des hommes et des femmes de l’industrie du médicament, et au besoin de nouvelles compétences.
Paradoxalement, pour certains métiers, les entreprises du médicament – secteur d’innovation – peinent à recruter. se développe, par exemple, un besoin croissant autour des métiers de la qualité, du réglementaire, de la pharmacovigilance, de l’information médicale et de la maintenance.

Le niveau de qualification dans les entreprises du médicament est élevé : plus de 50% des salariés sont des cadres ou assimilés.

Des moyens importants investis chaque année dans la formation des salariés

L’industrie du médicament offre de nombreuses opportunités d’évolution et de développement des compétences à chacun.
En 2016, les entreprises du secteur consacrent en moyenne 2,8 % de leur masse salariale à la formation tout au long de la vie.
Cela représente 288 000 actions de formation professionnelle, pour un volume de 2 030 000 heures de formation dispensées dans la branche.

Une forte féminisation du secteur

Avec un taux de féminisation des emplois de 56,9 % en 2016, l’industrie pharmaceutique fait partie des rares secteurs industriels dans lesquels la proportion de personnels féminins est majoritaire.
Le taux de féminisation des emplois s’établit à un niveau élevé dans toutes les tranches de taille d’entreprises. Le ratio atteint néanmoins sa valeur maximale (61,9 %) dans les entreprises de moins de 200 salariés.
La proportion de femmes dépasse 61,6 % dans les groupes 6 à 8 de la classification des emplois de la branche et reste élevée dans les autres catégories d’emploi.

Un vieillissement de l’emploi industriel

L’âge moyen des salariés en 2016 est de 43,6 ans et continue d’augmenter.
En effet, l’indicateur était de 40,4 ans dix ans auparavant. L’âge médian atteint 44 ans.

Toutefois, les entreprises du médicament s’engagent pour permettre une amélioration progressive du taux de recrutement des jeunes.
Les contrats en alternance constituent un véritable passeport pour l’emploi des jeunes, et apportent une réponse adaptée aux besoins en compétences des entreprises.
L’apprentissage, formidable levier pour l’accès à l’emploi et la promotion des jeunes, est aussi pour les établissements l’occasion de développer un tutorat spécifique en accentuant leur rôle d’accueil et de transmission des savoir-faire, en donnant tout son sens à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
Il participe ainsi à anticiper les évolutions futures, à renforcer leurs coopérations avec des acteurs institutionnels et à la réflexion sur leurs pratiques professionnelles.

Les entreprises du médicament accordent donc une place importante aux jeunes : les moins de 26 ans représentent 19,6 % des recrutements, et 21,6 % des salariés ont moins de 36 ans.
Par ailleurs, le nombre d’alternants et de stagiaires continue d’augmenter (6 184 stagiaires, apprentis et contrats de professionnalisation), soit une progression significative en 2016 (+ 784 contrats), dans la continuité de l’augmentation de 2015 (+ 1 000 contrats).
Autant de sésames à la professionnalisation et à l’embauche...

Une amélioration de l’emploi des seniors

Les salariés de plus de 45 ans représentent 44,9 % des effectifs (43,8 % en 2015 ; 41,4 % en 2014, 40 % en 2013 et 38,5 % en 2012), répartis de la manière suivante :
• de 46 à 54 ans : 30,9 % de l’effectif branche
• 55 et plus : 14 % de l’effectif branche.

On recense 530 recrutements de seniors de 50 ans et plus en 2016, ce qui représente 8% du total des embauches en CDI et CDD réalisés par les entreprises du secteur.

Une volonté de faciliter l’emploi des personnes atteintes d’un handicap au travers d’une structure paritaire (HandiEM)

Unique en France dans le secteur privé, l’accord de branche des entreprises du médicament, renégocié en 2014, a conduit à de nombreuses réalisations et résultats concrets depuis la création de l'association HandiEM en 2010 :

• un taux d’emploi en progression de 1,7 % (en 2009) à 3,1 % (2014) ; 3,5 % en 2015 et 3,7 % en 2017 ;
• 994 contrats d’embauche signés avec des collaborateurs en situation de handicap ;
• 1 300 demandes de financement traitées, dont plus de la moitié au profit du maintien dans l’emploi.

Mais des signaux d’alerte existent, notamment du fait d’une politique du médicament en France pénalisante pour le secteur…

La situation française risque de changer si les pouvoirs publics ne créent pas rapidement les conditions de l’attractivité du médicament sur le territoire.

En effet, certaines tendances se dessinent :
• un transfert d’activités de R&D vers des pays plus attractifs, notamment en termes de maillage entre public et privé, et d’accès au marché ;
• une tendance forte à l’externalisation d’activités vers la prestation (contract research organization, façonniers) en France, mais aussi à l’étranger ;
• une compétition accrue des pays émergents (Brics) ;
• un manque de lisibilité des contraintes réglementaires et juridiques, ce qui ralentit la France dans la compétition avec les autres pays.
 

L’essentiel

98 786

Effectif employé directement par les entreprises du médicament en France en 2016.

10 867

Nombre de recrutements des entreprises du médicaments en 2016, dont 34 % en CDI.

19,7 %

Part des recrutements réservée aux moins de 26 ans.
Une place croissante leur est accordée pour rajeunir la pyramide des âges du secteur en 2016.

56,9 %

Taux de féminisation des emplois en 2016.
L’industrie pharmaceutique fait partie des rares secteurs industriels dans lesquels la proportion de personnels féminins est majoritaire.

 

 

 

 

En savoir plus

PUBLICATIONS

 La convention collective nationale des entreprises du médicament et accords. Leem/AGVM - 2015 - diffusion AGVM.
 Enquête sur l'emploi dans l’industrie du médicament. 2017 (données 2016) - diffusion Leem.
 Tableau de bord annuel sur l’emploi - bilan et évolutions démographiques. Données à fin 2016 - Observatoire des métiers, de l’emploi et de la formation du Leem - diffusion Leem.
 Zoom sur les métiers l’industrie du médicament. Mise à jour 2017 - Observatoire des métiers, de l’emploi et de la formation/Onisep - diffusion Leem.
 Plan compétences Biotech / innovations Santé 2020. Septembre 2016 – AEC Partners pour le Leem.
 Benchmark européen des mesures d'attractivité de R&D et de production de médicaments à usage humain. Septembre 2017 – Cabinet Roland Berger pour le Leem.
 Synthèse de l’étude prospective sur les facteurs d’évolution de l’industrie du médicament et leur impact sur l’emploi à 10 ans. Janvier 2013 - diffusion Leem.


SITES INTERNET     

 Rubrique « Emploi & Formation » du site Internet du Leem : www.leem.org
 Métiers et formations des industries de santé : www.imfis.fr
 Rubrique « Espace presse » du site Internet du gouvernement : www.gouvernement.fr