Espace presse
Verbatim Christian Lajoux
- 27 01 12
BFM Business a invité Christian Lajoux, dans le cadre du "12-15", mercredi 25 janvier. Il a répondu aux questions de Caroline Brun.
Extraits :
A propos du Conseil Stratégique des Industries de Santé :
« Le conseil stratégique des industries de santé a pour objectif de travailler sur l’attractivité et la compétitivité de la France pour les industries de santé.(…) Je crois qu’on peut préciser qu’il n’y a qu’une dizaine de pays dans le monde qui ont réellement une industrie de santé, c'est-à-dire une industrie du médicament, une industrie du dispositif médical, du diagnostic médical, qui est élaboré au niveau de celui que nous rencontrons dans notre pays. »
« (…)aujourd'hui, il y a effectivement la nécessité, et c’est tout l’objet de ce Conseil Stratégique des Industries de Santé, de faire la synthèse entre la nécessaire sécurité sanitaire et la nécessité (...) de considérer que les produits de santé, que les médicaments, que les dispositifs médicaux sont issus, sont recherchés dans des industries et font l’objet de système de processus de production et de processus de distribution qui (...) relèvent du domaine industriel. (…) Il y a un point qui doit absolument être privilégié (…) c’est la sécurité pour les patients".
Sur la consommation de médicaments en France :
« (…). Depuis de nombreuses années, la France n’est plus le champion du monde ou le champion d’Europe de la consommation de médicaments (…) quel est le pays qui consomme le plus de médicaments à l’unité, c'est-à-dire dans des unités comparables ? Aujourd'hui c’est l’Angleterre. (…) La consommation du médicament dans notre pays depuis de nombreuses années est pratiquement flat, c'est-à-dire elle est entre 0 et 1 %, et on assiste à une énorme convergence dans la consommation des médicaments entre les différents pays européens. (…) quand on dit qu’on consomme trop de médicaments, que les médicaments sont trop chers dans notre pays, ce sont des idées reçues mais ça n’a absolument rien à voir avec la réalité et tous les instituts d’observation européens et la CNAM elle-même le démontrent au quotidien. »
Sur l’évolution du secteur pharmaceutique en France :
« (…)L’industrie pharmaceutique doit apporter à la contribution nationale l’équivalent de deux milliards d’euros en 2012. C’est l’impact des lois qui ont été votées récemment, c'est-à-dire que les taxes concernant notre secteur vont augmenter et les baisses de prix, les déremboursements de médicaments, vont toucher également fortement ce secteur d’activité. Pour autant, ce conseil stratégique des industries de santé, c’est l’occasion de réfléchir sur ce qu’il faut faire pour mieux développer les industries de santé dans notre pays (…) l’industrialisation passe d’abord par la recherche, il s’agit de mieux coopérer entre l’industrie privée et la recherche publique. Mieux coopérer (…) ça veut dire que l’industrie privée va augmenter ses investissements dans la coopération avec la recherche publique. L’autre point (…) important (…) c’est assurer la mutation de la production pharmaceutique. (…) nous évoluons dans un secteur d’activité où la connaissance scientifique évolue beaucoup et il convient pour nous de revoir complètement ce que nous appelons le business model de nos entreprises ; le revoir en termes de recherche, (…) de production (…) et le revoir également en termes de distribution. Voilà donc tous les enjeux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui (…) »
Sur la thématique de l’emploi :
« (…)le total des entreprises de santé emploie presque 200 000 personnes sur le territoire. (…). Pour ce qui concerne plus précisément l’industrie du médicament, il y a 104 000 emplois dans l’industrie du médicament. Les emplois ont plutôt baissé ; certaines professions ont été fortement touchées (…) comme les visiteurs médicaux. Et un des sujets du CSIS (…) c’est comment anticiper (…) en termes de formation initiale et de formation continue, la capacité du pays à générer les formations, les expertises dont nous aurons demain besoin pour rester parmi les pays leaders des industries de santé.
A propos du slogan « produire français » :
«(…) qu’il y ait un label européen ou un label français avec le souci d’informer le patient, le malade sur les différents endroits où ont été fabriqués le médicament (…) les industriels de santé y souscrivent totalement (…).De là à en faire une politique protectionniste sur le mode « fabriquer français, c’est mieux », je pense qu’il y a une marge que nous ne franchirons pas. D’abord parce que si on ne voulait consommer que des médicaments qui sont consommés en France, eh bien on ne consommerait qu’un médicament sur deux. (…)Donc je pense que nous avons, au contraire, le souci de faire une politique d’industrialisation forte des produits de santé, mais de le faire de façon ouverte, de façon totalement compétitive par rapport à ce qui se passe dans les autres pays du monde. (…)Parce que (…) nous avons les expertises, les savoir-faire, les structures qui nous permettent d’affronter la concurrence internationale. Je voudrais rappeler par exemple que pour le médicament, le solde en termes de commerce extérieur reste positif alors que l’on voit que la situation de la France n’est pas en bonne position par rapport à d’autres pays européens. Notre solde reste positif parce qu’effectivement nous avons ces structures, nous avons ces modèles de régulation (…) qui nous permettent d’exporter tous les ans plus de sept milliards d’euros de médicaments.(…) Ce n’est pas en rappelant sur un mode incantatoire qu’il faut fabriquer français que l’on soutiendra l’industrialisation mais en revanche, que l’on intègre dans le prix du médicament (…) les contraintes de l’environnement, les soucis de qualité que nous avons (…)
Sur les progrès de la recherche :
« (…)aujourd'hui (…) un cancer sur deux est guéri.(…) beaucoup de malades qui souffrent du sida peuvent vivre sans présence pratiquement de la charge virale dans le corps. (…) Et demain (…) les industries du médicament associées aux industries du dispositif médical, (…) aux industries radiologiques, avec le concours des médecins et de l’évolution des pratiques des médecins, seront en mesure de soigner les maladies de la dégénérescence comme la maladie d’Alzheimer.(…) mais je veux vraiment partager un sentiment d’espoir avec nos téléspectateurs en leur disant effectivement la recherche est en marche, la recherche progresse à grands pas…

