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Les premiers médicaments biologiques ont vu le jour au début des années 1980 sur la côte ouest des États-Unis, sous l’impulsion de petites sociétés de biotechnologies proches des universités de San Francisco et de Los Angeles. Avant tous les autres, ces campus de recherche avaient compris le rôle crucial des sciences du vivant et des biotechnologies dans le secteur de la santé. Les résultats le prouvent : le secteur des biotechnologies américain emploie 195000 personnes (une moyenne de 130 employés par entreprise) contre 81947 en Europe (47 employés en moyenne) (1).
En Europe, le Royaume-Uni occupe la position de leader avec un secteur biotech plus mature et ayant su développer des synergies efficaces avec les universités. Ainsi l’université de Cambridge est-elle dotée, à l’image de ses concurrentes nord-américaines, d’un office spécialement dédié à la prospection de partenaires éventuels, au dépôt de brevets…
Le Royaume-Uni possède ainsi 4 fois plus d’entreprises de biotechnologies cotées que la France. Le succès enclenchant une spirale d’investissement, le montant des investissements consentis par le Royaume-Uni au secteur des biotechnologies est largement supérieur à celui de ses voisins.
Capitalisation boursière cumulées des investissements des principaux Etats européens dans le secteur des biotechnologies de 2005 à 2007

Le retard français en bioproduction
La production de médicaments issus du génie génétique apparaît comme un secteur très attractif où la France pourrait jouer un rôle compte tenu de ses avantages comparatifs (niveau scientifique élevé, main-d’oeuvre bien formée).
Or, aujourd’hui, c’est aux États-Unis et en Europe du nord (Pays-bas, Irlande, Royaume-Uni et Danemark) que sont installées ou s’installent la plupart des unités de bioproduction de lots industriels ou de lots cliniques avec, demain, une présence de plus en plus importante de l’Asie.
Singapour a réussi à attirer environ 1,5 milliard d’euros d’investissements en bioproduction (lots commerciaux) d’ici 2011 (1) en jouant :
- sur le levier fiscal : avec un régime spécial pour les nouvelles implantations (pionner status) offrant une exonération de l’impôt sur les bénéfices pendant cinq ans puis un impôt à taux réduit ensuite ainsi qu’un crédit d’impôt (50 %) sur l’accroissement des dépenses de R&D ;
- sur la mise à disposition d’aides à l’innovation ou d’équipements accordées par l’A*STAR (Agence nationale pour la science, la technologie et la recherche).
Dans ce contexte mondial de compétition, la France souffre d’un handicap majeur : sa filière de production biopharmaceutique est incomplète – elle possède seulement trois sites de bioproduction de lots cliniques aux normes GMP, et un très petit nombre de sites de bioproduction de lots commerciaux.
(1) Rapport Ernst and Young : « Beyond borders 2008 »
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