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« L’économie et la politique industrielle de santé doivent être au cœur du débat »

  • 31 01 12

Présentation des voeux à la presse - Eléments d’intervention de Christian Lajoux, président du Leem.

Sous réserve du prononcé

 


On ne tournera pas de sitôt la page Mediator. La mémoire en gardera un goût amer.

Cette affaire a confirmé définitivement la fin d’un cycle de l’Industrie pharmaceutique, celui du siècle précédent, alors que cela fait plus de dix ans que nous avons entamé un nouveau cycle.

Après une année de stigmatisation et de « maccarthysme » – selon l’expression employée récemment par deux parlementaires –  le temps est venu du rétablissement du dialogue et de la reconstruction. C’est la signification que nous donnons au Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) qui s’est tenu le 25 janvier.

Il y a un an, je vous exprimais plusieurs préoccupations :
- Prendre nos distances avec Servier
- Revenir à la table des discussions avec les parties prenantes
- Préserver l’attractivité et la compétitivité industrielle de notre pays

Nous nous engagions sans réserve dans le chantier de reconstruction en insistant sur la nécessité de préserver l’accès à l’innovation, l’euro-compatibilité des mesures et le statut de nos entreprises.

Aujourd’hui, le bilan nous conduit à un certain nombre de réserves :

- Nous avons souligné le caractère inéquitable et opportuniste des baisses de prix et de taxes.
- Nous sommes toujours dans l’attente de règles du jeu, lisibles et compréhensibles, de la Commission de la Transparence.
- Nous soutenons l’objectif et beaucoup de dispositions de la loi, mais nous restons préoccupés par leurs modalités d’application.

Néanmoins, nous avons préservé les outils et les process au service du dialogue et de la concertation avec les autorités et le Gouvernement, le Comité économique des produits de santé, la filière Industries de santé au Conseil national de l’industrie (CNI), et évidemment le CSIS.

Nous notons également la volonté de dialogue et d’échanges de la Haute autorité de santé (HAS) et de la future Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

***

Pour autant, 2012 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Les nuages continuent à s’accumuler.

- Modalités d’application de la loi et des règlements avec beaucoup d’incertitudes.
- Crise financière qui pèse sur la dette et les déséquilibres des comptes sociaux.
- Restructuration de nos entreprises dans un changement de business model qui a été fragilisé par les baisses de prix et les déremboursements, et qui aura des conséquences sur l’emploi.

Nos vœux s’inscrivent donc dans le climat de prudence d’un secteur qui a été malmené et ignoré dans sa dimension d’industrie de haute technologie au service de la vie. Il faudra faire la synthèse entre les enjeux de santé publique, de sécurité, la création de valeur économique et la soutenabilité du système.

Nous souhaitons être reconnus dans notre rôle d’industriels de haute technologie. Il y a – faut-il le rappeler ? – autant de technologie dans un médicament anticancéreux que dans un Airbus.

La valeur que nous apportons au pays n’est pas la seule valeur du progrès thérapeutique. C’est celle de l’économie des autres coûts de santé dans une offre multidisciplinaire, et celle d’un levier de croissance, créateur d’emplois dans une période de crise.

L’appréhension de la chaine du médicament ne peut pas se limiter à la seule politique de régulation. Nous avons besoin de considérer une véritable politique économique des industries de santé et de faire valoir son impact sur les paramètres économiques du pays.

***

Nous ferons face à plusieurs défis en 2012.

- Trouver l’application réaliste et pragmatique des lois votées – Contrôle a priori de la publicité, transparence sur les liens d’intérêts, études post AMM, accès au marché.
- Affronter les enjeux de la crise économique et leurs interprétations dans la nécessité de réduire les déficits des comptes sociaux.
- Donner du corps et du suivi au CSIS, notamment sur les points concernant l’évaluation de la fiscalité, les ruptures technologiques et les études cliniques.

Un mot sur le Conseil Stratégique des Industries de Santé :
La cinquième réunion du CSIS s’est tenue dans un contexte qui n’était pas évident. C’est un format et une méthode de travail uniques au monde. Il s’est donné pour objectif, avec 13 mesures techniques dans la continuité des précédents CSIS, d’assurer la synthèse entre l’indispensable sécurité sanitaire et les leviers qui doivent assurer le développement et la croissance de nos entreprises sur le territoire.

Nous l’interprétons comme la volonté de ne pas casser une machine à trouver de l’innovation, à créer de l’emploi et à contribuer au solde positif de la balance commerciale. Nous devons également participer à la restauration de la confiance entre tous les acteurs de santé et notamment les patients.

***

Evidemment, je ne l’ai pas oublié, 2012 est une année d’élection présidentielle.

Nous souhaitons participer à l’interpellation des candidats.

Dans la lignée du CSIS, nous reviendrons sur les deux enjeux majeurs en termes d’industrie de haute technologie :

- L’innovation et la nécessaire recherche partenariale.
- La mutation de la production et l’évolution vers les biotechnologies et les technologies de rupture.

Ces deux enjeux sont les déterminants de la croissance, de l’exportation et de l’emploi.

Oui ou non, les industries du médicament et de santé sont-elles un facteur de croissance scientifique et économique ?

Un accent particulier sera mis sur la nécessité de ne pas confondre, ni réduire l’économie de santé à l’économie de la régulation. L’économie de santé, et notamment la politique industrielle des industries de santé, doit être au cœur du débat.

Nous l’avons démontré, notre pays a de nombreux atouts. Il faut aujourd’hui les transformer en avantages compétitifs.

Les candidats seront interpelés sur ces sujets et nous les écouterons sur les éléments qu’ils entendent proposer dans la mise en place de mesures qui doivent rétablir la cohérence entre les organes de gouvernance et le débat parlementaire, des mesures de court terme et une politique stratégique. Ils devront également rétablir de nécessaires relations de confiance entre tous les acteurs du système et les patients.

Nous diffuserons le 7 février une lettre ouverte aux candidats accompagnée d’un ensemble de propositions – sous le titre « L’industrie du médicament au cœur du défi français –, et nous participerons à plusieurs débats organisés par la presse régionale à Toulouse, Strasbourg, Lyon, Agen, Clermont-Ferrand, avec un grand meeting de synthèse à Paris, le 21 mars.


Je conclus cette intervention en vous remerciant chaleureusement d’avoir répondu à notre invitation, et en vous exprimant tous mes vœux de bonne et heureuse année.

Je souhaite également, en cette circonstance, adresser une pensée particulière aux collaborateurs des deux quotidiens nationaux qui, dans la période récente, ont disparu des kiosques.


Voeux de Christian Lajoux à la presse 31/01/12 par LeemFrance