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Méthodologie : L’étude a été menée selon une double approche : - quantitative, par classes thérapeutiques,
- médicalisée, par l’analyse des prescriptions faites dans le suivi des patients post- infarctus,
qui a permis d’apprécier et d’évaluer les niveaux de consommation de médicaments au regard des demandes et des pratiques nationales. Il en ressort que : - La forte consommation française n’est pas générale.
- Les structures et les niveaux de consommation de médicaments des cinq pays européens se rapprochent progressivement.
1. La forte consommation française supérieure n’est pas générale Elle varie selon les classes thérapeutiques considérées, les indicateurs de mesures, les indications, la période de temps étudiée… - Le classement des pays les plus consommateurs varie selon l’unité considérée (les unités, les unités standardisées (3) ou les kilogrammes de principe actif). Ainsi, la consommation par habitant en France varie du simple au double par rapport à l’Allemagne selon l’unité choisie. La France, pays de petites boîtes (conditionnement trimestriel peu développé), est pénalisée par l’usage des unités qui est le critère le plus communément utilisé.
- La place de la France dépend également des classes considérées : elle est en tête de la consommation de médicaments uniquement pour la classe des vasoprotecteurs par voie générale -en unités standardisées (3) pour 100.000 habitants- tandis que d’autres pays arrivent plus souvent que la France en position de plus gros consommateur : le Royaume-Uni l’est pour 4 classes, l’Allemagne pour 3 classes.
- Le niveau de consommation dans les différents pays converge dans le temps :alors que la France se situait en 2001 au 1er rang des 5 pays européens pour la consommation de 5 classes parmi les 10 classes les plus consommées de notre échantillon, elle n’arrive en 2006 au premier rang que d’une seule d’entre elles.
- Enfin si la France se situe au troisième rang pour la consommation globale d’antihypertenseurs, elle occupe la première place pour la sous-classe d’antagonistes calciques en association et à la dernière place pour la sous-classe des IEC seuls (4). Ceci prouve qu’un pays peut être un fort consommateur d’un médicament particulier, voire d’une sous-classe de médicaments, sans être nécessairement un gros consommateur de l’ensemble des produits de la même classe thérapeutique.
2. Les différents niveaux de consommation reflètent des pratiques médicales différentes : l’exemple du suivi du post-infarctus. Si on prend l’exemple du suivi post-infarctus, qui fait l’objet de la même définition et des mêmes recommandations de prise en charge, on constate que - La France est un pays où les médecins tendent à prescrire davantage d'associations de médicaments différents, ce qui est conforme aux recommandations internationales de prise en charge.
- Le comportement des prescripteurs qui conditionne les consommations de médicaments est relativement homogène dans les 5 pays considérés : les médecins généralistes ont tendance à moins prescrire que les spécialistes.
- Les situations françaises et anglaises de consommation que l’on présente comme très différentes, se rapprochent sensiblement, avec des taux de prescription de médicaments en association relativement proches et supérieurs à la moyenne des autres pays et un recours à d’autres (statines) du même ordre de grandeur.
Sous l’influence de l’homogénéisation des pratiques promue par les sociétés savantes européennes et de la politique de « maîtrise médicalisée » suivie tout particulièrement en France, on peut penser que la tendance actuelle à la convergence des niveaux et des structures de consommation va se poursuivre et que les écarts observés dans le passé vont significativement se réduire dans les cinq années à venir. La France est rattrapée par les autres pays européens en matière de consommation de médicaments, dans les classes où elle se situait à un niveau supérieur. On rappellera que traditionnellement, la France dispose d’un taux de couverture médicale, d’un niveau de prise en charge des soins et d’une politique active de santé publique qui expliquent le niveau élevé de consommation de départ constaté. (1) Les pays retenus pour mener cette étude, réalisée à partir des sources d’IMS Health sont l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, qui représentent à eux seuls près de 20% du marché pharmaceutique mondial. (2) Les auteurs : Claude Le Pen est professeur d’économie à l’Université de Paris-Dauphine, Hervé Lemasson est consultant chez Aremis Consultants et Christine Roullière-Lelidec est médecin cardiologue, doctorante en économie de la santé à l’Université de Paris-Dauphine. (3) Unités standardisées : conditionnements ajustés pour tenir compte des différences dans la taille des boites de médicaments. (4) IEC : Inhibiteurs de l’enzyme de conversion : traitement de l’hypertension artérielle et de l’insuffisance cardiaque.
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