Comment agit un médicament ?

Le circuit du médicament dans l’organisme

C’est le système sanguin qui permet au médicament d’atteindre l’organe visé. C’est pourquoi la voie injectable est la voie d’action la plus rapide. Par voie orale, le principe actif doit en effet d’abord franchir la paroi de l’estomac pour aller dans le sang. Avec un suppositoire, il y parviendra également, mais après avoir traversé la muqueuse rectale.
Transporté par le sang, le médicament passe d’abord par le foie, va jusqu’au cœur, qui le redistribue par les artères dans tout l’organisme avant de revenir au cœur par les veines. Ce circuit se répète à maintes reprises, le foie et les reins filtrant à chaque fois une partie du principe actif qui finit, de passage en passage, par disparaître.
La dose à administrer au patient dépend de son âge, de son poids, de l’état de son foie et de ses reins mais aussi la  « demi-vie » du médicament. Ce temps, nécessaire pour que la moitié du principe actif soit éliminée de l’organisme, est propre à chaque médicament. Il peut durer de quelques minutes à plusieurs semaines. L’efficacité maximale est obtenue au bout de 5 demi-vies lors de l'administration répétée d'un médicament. C’est que l’on appelle l’état d’équilibre.

L’action de l’antibiotique

La bactérie est une cellule vivante équipée d’un programme génétique (chromosome) et d’un mécanisme de production des protéines (ribosome) qui lui permettent de survivre et de  se multiplier. Destiné à combattre les infections microbiennes, l’antibiotique peut donc tuer une bactérie :

  • soit en  bloquant le mécanisme de production des protéines,
  • soit en s’attaquant au programme génétique,
  • soit en fragilisant la paroi de la cellule pour permettre à vos globules blancs de l’éliminer.

Si vous ne prenez pas votre traitement antibiotique jusqu’au bout, des bactéries non éliminées pourront redémarrer l’infection.
Si vous prenez un antibiotique non adapté, ou si la maladie est en fait due à un virus, le traitement n’aura aucun effet soignant. En revanche, des bactéries présentes (qu’elles soient néfastes ou inoffensives) peuvent résister et partager ensuite leurs gènes avec des microbes qui deviendront à leur tour résistants à cet antibiotique.

L’action du vaccin

La vaccination vise à combattre les maladies infectieuses. Son principe : stimuler la production d'anticorps spécifiques par notre système immunitaire afin qu’ils détruisent les éléments pathogènes (virus, bactéries…).
Le vaccin est fabriqué à partir d'un agent infectieux, qui a été rendu innofensif en laboratoire. Une fois injecté,  il permettra à votre corps d’apprendre à reconnaître cet agent infectieux. Les rappels de vaccins sont là pour recréer une dose d’anticorps lorsque celle-ci à trop diminué ou disparu.
Parfois les virus vont muter (comme celui de la grippe, qui évolue d’année en année). Le vaccin doit donc être modifié.
Sur le même principe, des vaccins existent pour éviter l’apparition du cancer du col de l’utérus. La recherche scientifique de vaccins se penche aussi sur d’autres cancers (sein, prostate, rein, mélanome…) et certaines maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle...).

L’action d’un antidouleur

En cas de traumatisme, les terminaisons nerveuses envoient un signal électrique de douleur au cerveau. Cette « alarme »  déclenche alors la synthèse (la fabrication) de médiateurs chimiques : les prostaglandines. Seulement, ces prostaglandines facilitent cette activité électrique, accroissant ainsi la douleur. Le principe est similaire pour la fièvre.
Pour bloquer cette « réaction inflammatoire », l’antidouleur va notamment inhiber l’enzyme nécessaire à la fabrication des prostaglandines (cyclo-oxygénase ou COX). Conséquence : la douleur diminue, la fièvre baisse.
Mais attention, car si l’antidouleur diminue les symptômes, la cause du mal (une infection par exemple) est toujours là.

On le voit, quels que soient les mécanismes d’action, la prise de médicaments est tout sauf anodine. En effet, tous les médicaments sont susceptibles de générer des effets indésirables (saignements avec l’aspirine par exemple). L’estomac peut aussi souffrir lors du passage du médicament, de même que les reins, fatigués de servir de filtre.
C’est pourquoi un médicament n’est mis sur le marché que lorsque ses effets bénéfiques pour la santé sont jugés suffisamment importants par rapport à ses effets indésirables éventuels.