La recherche de nouvelles thérapies contre le sida est toujours active

L’ESSENTIEL  Depuis trente ans, l’industrie pharmaceutique se mobilise pour développer des médicaments contre le sida. S’ils n’ont pas permis la guérison, ils ont transformé une maladie mortelle en une pathologie chronique. Et de nombreuses pistes continuent à être défrichées.

Depuis 1981, date de l’émergence du virus, l’industrie pharmaceutique s’est mobilisée pour développer des médicaments efficaces contre le sida. 312 médicaments sont sur le marché aujourd’hui, dont 273 antirétroviraux, ce qui a permis de transformer cette maladie en une pathologie chronique. 100 candidats médicaments sont à l’étude actuellement.
 

État des lieux

Le sida est une pathologie complexe, due à un virus, le VIH. Après un délai variable, la plupart des personnes infectées déclarent le sida, maladie qui est en grande partie la conséquence de l’incapacité du système immunitaire à lutter contre le virus. S’ils permettent de contrôler la maladie, les traitements actuels – les antirétroviraux – n’ont pas permis de tuer le virus ni de guérir définitivement le malade. Ils ont cependant transformé une maladie mortelle en maladie chronique.  La recherche sur le sida bute jusqu’ici sur deux éléments essentiels : la possibilité de créer un vaccin afin de prévenir la maladie et la possibilité de guérir les patients.
 

Pistes d’avenir

Après vingt ans d’échecs dans la recherche d’un vaccin contre le sida, les résultats d’un essai clinique mené en Thaïlande en 2009, concluant dans 31 % des cas, ont relancé l’espoir.
Depuis la première guérison connue d’un malade par greffe de cellules comportant un gène muté – le CCR5, ayant la propriété de rendre résistant au sida – la recherche s’oriente vers une approche de thérapie génique : on prend des cellules chez les patients, on modifie le gène CCR5 de façon à les rendre résistantes puis on les réimplante.  Un autre axe de la recherche s’intéresse aux réservoirs (lymphe, moelle osseuse ou tissus) où le virus se tapit pour attendre son heure avant de ressortir quand le patient arrête son traitement. Objectif : mettre au point un traitement visant  à diminuer ces réservoirs pour les rendre indétectables par le virus, et permettre ainsi à la défense immunitaire de prendre le relais pour contrôler l’infection.
 

Les entreprises du médicament continuent leurs recherches de traitements contre le sida

- Elles ont étroitement collaboré pour mettre en commun leurs découvertes et permettre, après les résultats décevants de la monothérapie et de l’AZT, d’associer plusieurs antirétroviraux en bi puis trithérapies. Les trithérapies se révèlent de plus extrêmement efficaces dans la prévention de la transmission du virus.

- Elles développent actuellement 1004 candidats médicaments dont 33 vaccins, 56 anti- rétroviraux, 4 immunomodulateurs et 3 médicaments de thérapie génique.

- Elles facilitent l’accès aux médicaments : 6,6 millions5 de personnes étaient traitées fin 2010 dans les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires, soit 22 fois plus qu’en 2001.
 
Les trithérapies aident les malades atteints du virus du sidaà vivre en moyenne treize ans de plus6.
 
(1) « Le sida, trente ans après : un tournant pour les nations ». Onusida, 2 juin 2011. (2) PhRMA. 2010. Medicines in Development for HIV/AIDS. (3) Protocoles n° 66, mai 2011, page 22. (4) PhRMA. 2010. Medicines in Development for HIV/AIDS. (5) « Le sida, trente ans après : un tournant pour les nations ». Onusida, 2 juin 2011. (6) « The Lancet », 24 juillet 2008.