L'économie du médicament

Marché mondial

La part de l’Europe continue de décroître
En 2015, le marché mondial du médicament est évalué à environ 913 milliards de dollars de chiffre d’affaires (contre moins de 200 milliards de dollars en 1990), en croissance de 10 % par rapport à 2014. Le marché américain (États-Unis) reste le plus important, avec 49 % du marché mondial, loin devant les principaux marchés européens (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Espagne), qui réalisent 16 % de parts de marché, le Japon, qui réalise 8 %, et les pays émergents (Chine et Brésil), qui réalisent 10 %.

La France demeure, en 2015, le deuxième marché européen derrière l’Allemagne.

Ces dix classes représentent 28 % du marché mondial en valeur.
 

Les entreprises d’origine française sont encore insuffisamment internationalisées
Malgré les mégafusions récentes, l’industrie mondiale du médicament demeure peu concentrée, les cinq premiers groupes représentant 22,8 % du marché mondial.
L’implantation directe des entreprises d’origine française aux États-Unis et au Japon – deux des plus grands marchés du monde – a beaucoup progressé, mais reste faible, comparée à celle des entreprises d’origine britannique, allemande et suisse.
La part de marché des entreprises françaises aux États-Unis est notamment due au rachat de la firme américaine Rorer par Rhône-Poulenc et à celui de Marion Merrel Dow (devenues Aventis et désormais intégrées au groupe Sanofi), puis plus récemment au rachat de Genzyme, également par Sanofi.
La crise financière de 2009 a contraint les laboratoires à trouver de rapides sources d’économie, au travers, notamment, d’importantes opérations d’acquisition.
Quatre des plus gros laboratoires américains se sont ainsi restructurés : Pfizer a acquis le groupe Wyeth, et Merck & Co le laboratoire Schering-Plough. Par ailleurs, le laboratoire américain Abbott a racheté la filiale pharmaceutique du groupe Solvay.
En 2013, le laboratoire français Ipsen a acquis Syntaxin, leader dans l’ingénierie de la toxine botulique recombinante.
En 2014, puis en 2015, le rythme des fusions-acquisitions s’est accéléré : le laboratoire de génériques Actavis, basé en Irlande, a acquis l’américain Allergan.
La même année, le laboratoire américain Abbvie rachetait Pharmacyclics, société de biotechnologie spécialisée dans les traitements des cancers et des maladies immunitaires, tandis que Celgène faisait l’acquisition de Receptos afin de se renforcer dans l’immunothérapie et les traitements contre les maladies inflammatoires abdominales.
Selon une étude de la société Dealogic, sur les 5 000 milliards de dollars de fusions-acquisitions en 2015, le secteur de la santé a suscité le plus d’opérations de ce type, soit 724 milliards de dollars, devant celui des technologies (713 milliards de dollars) et de l’immobilier (458 milliards de dollars).

Les rapprochements des grands groupes mondiaux (implantation géographique stratégique des entreprises, regroupement des entreprises par domaine d’intérêt thérapeutique…) ont pour but de leur permettre d’atteindre une taille critique afin de réaliser des économies d’échelle, eu égard aux coûts de recherche, d’avoir une plus forte présence sur les marchés et de faire face à la pression exercée sur les prix des médicaments (notamment en Europe) par les pouvoirs publics.

Les fusions-acquisitions peuvent avoir également pour objectif l’acquisition de nouvelles technologies (acquisition de firmes de biotechnologies), l’introduction dans un nouveau domaine thérapeutique ou sur un nouveau segment (automédication, par exemple), l’acquisition d’une force de vente ou de distribution, l’implantation dans un pays étranger ou sur un continent.
Le coût des opérations d’acquisition étant élevé, les entreprises développent également des accords ou des alliances entre elles, et font appel à des compétences extérieures (sous-traitance) à tous les niveaux : recherche, développement, fabrication…
En outre, le partenariat peut prendre la forme d’accords de licence pour confier la commercialisation de certains médicaments à d’autres entreprises.
La recherche fait également appel à de nouveaux modes de collaboration en réseau, entre la recherche publique et la recherche privée par exemple, ou via des partenariats internationaux.