Progrès
Les médicaments font reculer les maladies
- La Recherche de Médicaments
- 12.07.12
ÉLAN Les médicaments ont permis de mieux lutter contre le cancer, le sida, l’hépatite C, la dépression, la tuberculose ou le diabète, mais, beaucoup de maladies n’ont toujours pas de solution thérapeutique. La recherche s’oriente désormais vers des traitements plus ciblés.
État des lieux
Globalement, le XXe siècle aura été marqué par de grandes découvertes médicamenteuses qui ont véritablement révolutionné la prise en charge des maladies : antibiotiques, sulfamides, antithrombotiques, chimiothérapies, antiviraux… Dans le vaste champ des maladies infectieuses notamment, les découvertes de la pénicilline, des antituberculeux puis des antiviraux et des antirétroviraux constituent des avancées remarquables contre des fléaux qui décimaient les populations au cours des siècles précédents. En dépit de ces progrès, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ trois quarts des 30 000 maladies répertoriées de par le monde n’ont pas de solution thérapeutique2.
Pistes d’avenir
L’avenir est aux thérapies ciblées, directement issues de l’accélération foudroyante des progrès en biologie dans la deuxième moitié du XXe siècle : la connaissance de l’ADN a en effet fait « comprendre3 comment est écrit le texte, les découvertes issues des microARN4 et de l’épigénétique5 doivent maintenant permettre de le lire ». La recherche entre dans une phase de classification plus « fine » des maladies : les diabètes dits de type I et II seront décomposés et reclassifiés en sous-groupes de maladies, avec, à la clé, des traitements adaptés à chaque sous-groupe. On assistera aussi à une explosion des champs de recherche associés au médicament : biomarqueurs, imagerie, informatique, nanomatériaux… qui vont permettre d’offrir des solutions thérapeutiques de plus en plus performantes.
Les entreprises du médicament multiplient les pistes de recherche
- Elles ont pris conscience que pour vaincre les cancers et toutes les maladies sans solution thérapeutique, il leur fallait redéfinir en profondeur leurs stratégies de recherche et de développement.
- Elles sont désormais engagées dans des modes de recherche sur les facteurs à la base de maladies complexes comme les cancers ou la maladie d’Alzheimer, ainsi que sur les outils capables de moduler les systèmes biologiques.
- Elles cherchent ainsi à maîtriser les outils nécessaires à leur intervention : microARN, anticorps monoclonaux, peptides, petites molécules… C’est la prochaine frontière6.
L’espérance de vie des Français à 65 ans7 est la plus élevée d’Europe :22,8 ans pour les femmes et 18,6 ans pour les hommes.
(1 et 7) Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 2011. « L’état de santé de la population en France ». Suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique. Rapport 2011. (2) Rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2006. « L’état de santé dans le monde ». (3 et 6) In Elias Zerhouni. « Grandes tendances de l’innovation biomédicale au XXIe siècle ». Cours au Collège de France du 24 janvier 2011. (4) MicroARN : ARN simple-brin, longs d’environ 21 à 24 nucléotides, impliqués dans la régulation de l’expression des gènes. (5) Épigénétqiue : domaine qui étudie comment l’environnement et l’histoire individuelle influent sur l’expression des gènes.
