L'économie du médicament

Exportations et importations

25,4 milliards d’euros d’exportations

Les exportations françaises de médicaments sont en augmentation par rapport à 2014. Elles atteignent 25,4 milliards d’euros (+ 1,5 %), après une année 2014 en recul de - 5 % par rapport à 2013.
Toutefois, le chiffre d’affaires exporté ne retrouve pas le niveau de 2013 (26,3 milliards d’euros).

… orientées vers l’Union européenne et les pays d’Europe centrale et orientale

Les exportations de médicaments vers l’Union européenne représentaient 14,4 milliards d’euros en 2015 (56,8 % du total). L’Allemagne est, durant cette année, le premier pays destinataire des exportations françaises, suivi par la Belgique et les États-Unis. Les exportations vers les États-Unis augmentent de + 36 % sur un an, portées par la croissance économique américaine soutenue et par la dépréciation de l’euro face au dollar.
Néanmoins, la vigilance demeure, dans un contexte de concurrence interÉtats accrue.
En effet, l’augmentation du protectionnisme dans de nombreux pays émergents (préférence nationale pour les appels d’offres publics, interdiction d’importation pour les produits dont les génériques sont fabriqués localement, remise en cause de certains droits de propriétés intellectuelles…) et les incitations à la production locale pénalisent nos exportations.
À ces facteurs s’ajoute le constat établi par Roland Berger dans une étude pour le Leem, datée d’octobre 2014 et intitulée : « Comment relancer la production pharmaceutique en France ? ».
Sur les 130 nouvelles molécules autorisées en Europe entre 2012 et 2014, seulement 8 seront produites en France, alors que l’Allemagne en produira 32, le Royaume-Uni 28 et l’Italie 13.
En étant moins impliquée que ses voisins dans la production de ces nouveaux médicaments, la France se prive dès lors des exportations dont elle aurait pu bénéficier, et se voit dans le même temps dans l’obligation de les importer.

 
 
L’Union européenne à 28 représente 92,6 % des exportations de médicaments à destination du continent européen.
L’Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni en sont les destinataires privilégiés puisque
les entreprises opérant en France y réalisent 51,6 % de leurs exportations vers l’Europe. Puis viennent l’Italie (11,6 %), l’Espagne et la Suisse (respectivement 5,9 % et 5,5 %).
 
 
 
 
 
 
17,7 milliards d’euros d’importations en 2015

En 2015, la France a importé 17,7 milliards d’euros de médicaments, soit une diminution de - 7 % par rapport à 2014. Ces importations proviennent principalement des États-Unis (18 %), de l’Allemagne (17 %), de l’Irlande (9 %), et de la Suisse (8,7 %). Cette évolution s’explique en partie par la baisse des importations depuis la Belgique, notamment de vaccins, alors que les achats pharmaceutiques auprès de la Belgique avaient été exceptionnel­lement élevés en 2014.

 

 

Le médicament, des rentrées de devises pour la France
Les échanges commerciaux de médicaments ont représenté, pour la France, un excédent commercial de 7,7 milliards d’euros en 2015, en forte augmentation par rapport à 2014 (+ 27 %), soit + 1,7 milliard d’euros.

 

Les médicaments : 7ème excédent commercial de la France en 2015

Le solde global des échanges commerciaux de la France accuse un déficit de 46 milliards d’euros en 2015. L’amélioration de ce solde par rapport à 2014 (déficit de 58 milliards d’euros) s’explique en grande partie par la forte contraction de la facture énergétique (- 14,6 milliards d’euros).
En 2015, les exportations de produits pharmaceutiques ont représenté 6,5 % des exportations totales de la France derrière l’aéronautique/aérospatiale (13 %). Les produits pharmaceutiques ont réalisé 5,1 % des importations totales de la France derrière – notamment l’aéronautique/aérospatiale (7 %) et les produits de la construction automobile (6,8 %).
Toujours sur la même période, les produits pharmaceutiques(1) se situent au 7e rang des secteurs industriels (hors matériel militaire) en termes d’excédent commercial dégagé (pour mémoire, ce secteur occupait la 10e place en 2014).
(1) Médicaments à usage humain et vétérinaire, et parapharmacie.

 
Le commerce parallèle, un fléau majeur limitant l’amortissement de la recherche

La construction de l’Union européenne est basée sur le principe de libre circulation des personnes et des marchandises entre les pays qui la composent. Le médicament n’y échappe pas. L’importation parallèle intracommunautaire de médicaments trouve ses origines dans l’utilisation, par les intermédiaires commerciaux, d’une spécificité du marché intérieur européen : la coexistence de la libre circulation et du droit des États à fixer un prix administratif pour les médicaments remboursables.
Le commerce parallèle naît de décisions gouvernementales des pays de l’Europe du Sud (la Grèce, la péninsule Ibérique, mais aussi la France), au préjudice de pays à prix de marché. Pour les États, le commerce parallèle ne profite qu’aux intermédiaires et, exceptionnellement, aux organismes de protection sociale. Quant aux patients, il les expose à des ruptures d’approvisionnement du marché français.
En 2013, le commerce parallèle européen était estimé à 5,4 milliards d’euros, sans que l’organisation de la distribution par les entreprises puisse y apporter de solutions satisfaisantes. Il demeure une préoccupation essentielle pour les laboratoires.