Infarctus
Trente ans de progrès dans le traitement de l’infarctus
- 13.06.11
RECHERCHE Des premiers médicaments contre l’hypertension aux quadrithérapies actuelles, les avancées sont considérables. On note aussi une amélioration de prise en charge des patients et un effort soutenu en matière de prévention.
La prévention et la prise en charge de l'infarctus ont radicalement progressé au cours des trois dernières décennies. Aujourd'hui, on peut le plus souvent reprendre le cours de sa vie après un infarctus du myocarde. À condition d'avoir un mode de vie sain, de bien suivre son traitement et les recommandations de ses médecins. Un retour à la « normale » favorisé par un fort investissement des entreprises du médicament dans la recherche. Résultats : une meilleure prise en charge de l’hypertension artérielle et des problèmes de cholestérol (facteurs de risque importants de l’infarctus) et la mise au point de médicaments thrombolytiques toujours plus efficaces.
Ces avancées thérapeutiques majeures ont été couplées au développement d’unités de soins intensifs, à la généralisation des techniques de reperfusion précoce et à la coopération entre SAMU, pompiers, services d’urgences et de cardiologie.
Témoignage d’une prise en charge de qualité, le taux de survie à la sortie de l’hôpital est très élevé (90%) et dépasse 95% pour les patients de moins de 75 ans.
Le suivi des infarctus a, lui aussi, progressé, avec la mise en route d'un traitement adapté aux facteurs de risque cardiovasculaires et aux spécificités cardiaques de chaque patient.
Il y a trente ans
L’étude réalisée depuis 1948 sur la population de Framingham, près de Boston (USA) permet d’identifier, dans les années 1960, les principaux facteurs de risque cardiovasculaire (cholestérol, hypertension artérielle, tabagisme, diabète). On commence à traiter l’hypercholestérolémie et l’hypertension dans les années 1970 et 1980.
Le premier thrombolytique de 2ème génération, l’altéplase, obtient une AMM en 1987. Trois générations de thrombolytiques vont se succéder avec l’objectif de dissoudre le caillot générateur de l’infarctus, tout en minimisant les risques d’hémorragie.
Il y a dix ans
Des avancées majeures en biologie fondamentale et en génétique sont réalisées : identification de variants génétiques associés à l’infarctus du myocarde , premières thérapies cellulaires…
De nouveaux antiagrégants plaquettaires et l’utilisation rationalisée des thrombolytiques font diminuer de façon sensible la mortalité à la phase aigue de l’infarctus du myocarde.
Aujourd'hui
Grâce à l’amélioration globale de la prise en charge, la proportion de patients qui décèdent par infarctus du myocarde a diminué de moitié en 10 ans.(1)
Après le traitement de la phase aiguë, la prescription de médicament, en accord avec les recommandations les plus récentes, s’est considérablement améliorée. Le traitement associe 4 types de médicaments : bétabloquant, antiagrégant plaquettaire, statine et inhibiteur de l’enzyme de conversion.
Prévention et suivi
Des progrès majeurs se sont déjà produits, mais les efforts doivent être maintenus.
En terme de prévention, la lutte contre les principaux facteurs de risque est clé. Arrêter le tabac, équilibrer son alimentation, faire régulièrement de l’exercice, perdre du poids, corriger l’hypertension artérielle, le diabète et l’hypercholestérolémie s’ils existent…Les autorités de santé, conscientes de cet enjeu, mettent régulièrement en place des plans de lutte : Programme National Nutrition Santé, campagnes anti-tabac, Plan santé jeunes, etc.
Les prochains défis pour les professionnels de santé et les chercheurs sont le dépistage et la prise en charge des sujets à risque, la mise en place de stratégies de prévention, la généralisation du parcours optimal du patient par l’appel direct du SAMU, et le développement de nouvelles thérapeutiques.
Pour en savoir plus :
> Comment enrayer le fléau des maladies cardio-vasculaires ?
Le premier épisode de notre websérie consacré aux maladies cardiovasculaires :
1. Haute Autorité de Santé, Programme 2007 – 2010 « Ensemble, améliorons la prise en charge de l’infarctus du myocarde », Bilan d’étape 2009, avril 2009
